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Honfleur Histoire et Patrimoine par
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Dan.L
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Message Posté le : Sam 30 Jan - 12:04 (2016)    Sujet du message : Honfleur Histoire et Patrimoine par Répondre en citant

Conférence


Présentation du livre « Honfleur, histoire et patrimoine » paru aux éditions des Falaises
Par P. Lelièvre, le coordonnateur de l’équipe des membres de la commission des publications de l’association normande d’ethnographie et d’art populaire

Le livre propose une lecture historique du patrimoine urbain honfleurais. Il répond ainsi à plusieurs questions :

- En quoi consiste ce patrimoine urbain ? Il propose une description des éléments de ce patrimoine, les replacent dans le contexte de leur constitution et en dégage la signification (sens)
- Comment s’est effectué la patrimonialisation des monuments et du bâti urbain ancien (la ville historique), c'est-à-dire l’histoire de cette « polarisation axiologique » qui s’est réalisée à leur profit
- Comment ce patrimoine est-il géré aujourd’hui (politique patrimoniale et les débats qu’elle suscite)

A travers trois exemples, le conférencier a essayé de montrer comment peuvent s’articuler les réponses à ces trois questions
1) L’église Sainte-Catherine et sa place
2) La mairie et sa place
3) Le secteur de l’ancien Bassin du Centre

Pour étayer son propos, le conférencier s’est appuyé sur une iconographie abondante dont une partie n’avait pas pu trouver sa place dans le livre.


L’église Sainte-Catherine

C’est le premier édifice qui ait été classé monument historique à Honfleur, en 1876.
Considérer que l’église Sainte Catherine est un élément majeur de notre patrimoine est aujourd'hui admis par tout le monde. Pour tous, effet, elle polarise presque toutes les valeurs qui fondent l’objet patrimonial : rareté, beauté, significativité, historicité; il en est une qui cependant qui est sujette à caution: l’authenticité
En effet, l’église telle que nous la connaissons aujourd’hui n’est exactement pas celle qui était familière aux Honfleurais du début du XIXe siècle, et probablement aux Honfleurais de toute l’époque Moderne. Et c’est ce contraste qui peut expliquer qu’il n’allait pas de soi qu’elle devienne un élément majeur du patrimoine honfleurais.
Le dessin de 1823 montre qu’elle avait l’allure d’une grande halle normande, telle celles qui existaient à l’époque dans les bourgs augerons où se déroulait le marché hebdomadaire.
L’église au lendemain de la Révolution était dans un état de délabrement avancé. Beaucoup envisageaient de la démolir pour en reconstruire une autre, en pierre, dans l’esprit de l’époque pour mieux dégager l’espace à proximité où se tenait le marché hebdomadaire.
Ce manque d’attachement à Sainte-Catherine n’est probablement pas propre aux Honfleurais du début du XIXe siècle: car dès le départ cet édifice avait été conçu, semble-t-il, comme provisoire. Le faubourg Sainte Catherine au lendemain de la Guerre de Cent ans vivait sous la menace d’un débarquement anglais; les habitants réclamaient le prolongement des fortifications pour les protéger, demande à la quelle le roi n’accéda que beaucoup plus tard, à la fin du XVe siècle, sans que cela permit toutefois la concrétisation du projet (on ne construisit qu’une partie des fortifications prévues, ce qu’on appelait autrefois à Honfleur, le cordon royal). Le moins coûteux et le plus rapide pour faire face aux besoins du culte dans un faubourg en pleine croissance démographique était de la construire en pans de bois selon des techniques que maîtrisaient parfaitement les charpentiers et avec des matériaux provenant de la forêt de Touques, toute proche, qui étaient acheminés par voie d’eau depuis le port de Roncheville… Dès le départ ce futur édifice par défaut.
Si les projets de démolition-reconstruction n’ont pas été mis en œuvre, ce n’est pas donc pas en raison de l’attachement des Honfleurais à la conservation de l’édifice mais pour des raisons financières. Le conseil de fabrique et la ville optèrent pour des travaux de consolidation et de réaménagement intérieur assez sommaires. Dès lors que la perspective d’une reconstruction s’éloignait, la question de l’aspect de l’édifice se posa : il fallait l’ennoblir: d’où, sous l’impulsion du Curé Davy, en 1827, l’habillage intérieur à l’Antique, puis en 1829, à l’initiative du curé-doyen Legay, la construction de ce portique de style toscan plaqué sur la façade principale.
La pérennité de l’église n’était pas encore assurée pour autant car en 1844, le conseil de Fabrique organisa une nouvelle souscription pour construire une nouvelle église…
C’est de l’extérieur que vinrent les défenseurs de l’église : Viollet le Duc qui fit deux séjours à Honfleur en 1832 et en 1834, Prosper Mérimée, le 1er inspecteur du service des Monuments Historiques, Arcisse de Caumont, le fondateur de la société des Antiquaires de Normandie qui y consacra un long paragraphe dans sa Statistique Monumentale du Calvados et enfin l’architecte des Beaux Arts, Eugène Millet à la fin du Second Empire
Le classement enfin demandé par la ville, ne fut effectif qu’en 1876, la guerre de 1870-71 ayant retardé l’aboutissement de la procédure.
Les travaux précédents avaient permis de parer au plus pressé (telles ces jambes de force que l’on aperçoit sur le dessin de Paul Huet et surtout de cache-misère : sauvegarder l’édifice nécessitait de remettre en état de nombreux éléments de structure. Mais à cette époque, c’étaient les conceptions de Viollet le Duc qui s’imposaient en matière de restauration : ce que l’on a appelé la doctrine de la conservation intégrative: « Restaurer, c’est rétablir dans un état complet qui peut ne jamais avoir existé à un moment donné ». En d’autres termes, elle doit être conforme à une représentation idéalisée, modélisée, celle qui découle des principes architecturaux d’une époque, pour renforcer sa valeur de témoignage historique. Il fallait gommer les vicissitudes de l’histoire source d’hétérogénéité dans le bâti que les restaurateurs d’aujourd’hui veillent à conserver comme témoignage justement de l’histoire. Le résultat : l’église telle que nous la connaissons aujourd’hui, n’a cet aspect que depuis la fin des 3 campagnes de restauration: 1879-92, 1907-1912 et 1926 et elle est très différente de l’église « historique ».

Le clocher
Le clocher de l’église (à ne pas confondre avec la petite flèche décorative néogothique qui surmonte le chœur de la nef sud) a été construit en face de la façade de la nef nord. Comment expliquer cette autre singularité de l’église Sainte-Catherine ? Les caractères de sa structure et des décors sculptés sur le porche, sa situation face à la nef nord rattachent également l’édifice à la deuxième moitié du XVe siècle. Ce choix d’implantation, à la manière des campaniles italiens, quoique rare, n’est pas unique en France. Il s’explique probablement par la crainte que la haute et relativement légère structure de bois de l’église ne puisse résister à l’ébranlement résultant de la mise en mouvement des cloches. Selon les époques le clocher a été en effet doté de quatre à six lourdes cloches fixées dans le beffroi qui constitue la structure porteuse à l’intérieur de la tour haute d’environ 18 m. Une forte construction pentagonale qui servait de logement au sonneur l’enserre à la base et l’ancre au sol. Des jambes de force qui assurent le contrebutement y prennent appui. Une première horloge sans doute placée très tôt sur le clocher a été remplacée en 1669. Les cloches et l’horloge ne se limitaient pas à rythmer le temps de l’église mais aussi celui plus politique du fonctionnement des institutions municipales : la grosse cloche servait à appeler au XVIe siècle les bourgeois à l’assemblée générale qui se tenait dans le logis du Roi sous la présidence du gouverneur de la ville.

Les voûtes de l’église
L’église tire aussi certaines spécificités de sa construction par des charpentiers de navire, nombreux dans la ville portuaire qui était un centre important pour la construction navale. Les bâtisseurs ont donné aux deux charpentes lambrissées en berceau brisé qui couvrent les deux nefs, un galbe qui n’est pas sans rappeler les coques de navire. L’église a été érigée à l’aide de matériaux provenant de la forêt de Saint-Gatien, notamment les poteaux qui supportent la voûte taillés dans de fûts de chêne d’une hauteur exceptionnelle.

Le décor
Le soin apporté au décor sculpté sur bois est remarquable. Celui-ci renvoie à la grammaire décorative du gothique finissant pour les fenêtres hautes, à celle de la première Renaissance pour les portes du portail latéral. Son mobilier intérieur ne le cède en rien en intérêt à la structure de l’édifice avec notamment la balustrade d’orgue de style Renaissance et ses bas-reliefs représentant des instruments de musique. L’église est depuis cinq siècles le cœur des grandes manifestions religieuses de la cité.



La Mairie et sa place

La mairie, de Honfleur apparaît aujourd’hui comme une imposante villa de style néoclassique, face au Vieux Bassin dont elle est séparée par une place qui est aussi largement ouverte sur les quais de l’avant port, de telle sorte que depuis la place de la mairie on a une vue très dégagée sur l’avant-port et le quartier du Vieux-Bassin.
Cet ensemble qui est familier aux Honfleurais et aux touristes est plus récent que beaucoup se l’imaginent : il date du début du XIXe siècle. Encore voit-on que dans la première moitié du XXe siècle, la vue sur l’avant port en direction du quai de la Quarantaine n’est pas encore complètement dégagée puisque des bâtiments ont été édifiés pour la compagnie de Southampton qui assure des liaisons commerciales et de voyageurs avec l’Angleterre: il faut attendre les années 1950 pour que disparaissent l’ensemble des constructions le long du quai.
Pour les Honfleurais cet ensemble, dans les traits acquis depuis les années 50, fait partie du patrimoine urbain. L’hôtel de ville a d’ailleurs été inscrit au titre des Monuments Historiques en 1989 à la demande de la municipalité. Inscription tardive qui tient au fait que longtemps les Honfleurais et donc leurs élus (car souvent ils partagent le point de vue de leurs électeurs) n’avaient pas de leur mairie une image très positive: bâtiment administratif fonctionnel de forme cubique sans élégance dont l’aménagement interne n’était plus en corrélation avec les besoins… La publication d’un ouvrage sur les mairies du XIXe siècle en France, des discussions informelles avec l’ABF ont très certainement joué dans l’évolution du regard porté par les élus sur ce lieu; la recherche de subventions pour réaliser des travaux de restauration peut être aussi, même si l’inscription ne donne pas beaucoup de possibilités

De fait la mairie présente des caractéristiques fort intéressantes, représentatives d’un courant de la construction et si on prend soin de la regarder sans préjugés, on peut lui trouver une élégance certaine. Michel Lamarre a fait récemment réaménager l’intérieur du bâtiment et restaurer de manière somptueuse l’escalier central (peinture des colonnes imitant le marbre, réouverture du puits de lumière) qui constitue certainement son centre d’intérêt majeur.

L’édifice, austère mais élégant, construit sur un soubassement d’environ 1 m, est représentatif du mode mineur néoclassique, une variante épurée du pittoresque inspiré des villas italiennes. Il est issu des modèles et des principes proposés par Jean Nicolas Louis Durand dans son « Précis des leçons d’architecture » de 1819 pour les mairies et est conforme aux réalisations du premier tiers du XIXe siècle marquées par l’influence du conseil des bâtiments civils peuplés de lauréats du prix de Rome : volume cubique, symétrie parfaite des façades animées par des baies et portes cintrées entourées de discrètes archivoltes et organisées en travées, d’un bandeau mouluré pour séparer les deux niveaux de l’élévation.

C’est le résultat d’un remaniement par Pierre François Louis Fontaine des plans établis par un cabinet d’architecture local, Hagron père et fils, afin qu’ils puissent obtenir le visa du conseil des bâtiments civils présidé par Percier. L’élévation à deux niveaux met en évidence la distribution des fonctions en distinguant les linteaux droits des fenêtres de bureaux, de ceux des autres espaces centraux en plein cintre (vestibule, salle du conseil municipal…) Un grand escalier droit monumental, partant du vestibule, permet d’accéder à la galerie à colonnade de l’étage, bordée d’une lourde balustrade le long de la cage d’escalier, qui dessert les salles destinées à tous les actes solennels et publics de la vie municipale. Au rez-de-chaussée, deux couloirs de part et d’autre de l’escalier, permettent d’accéder aux bureaux (Etat-civil, greffe du tribunal mais aussi au début Caisse d’Epargne, chambre de commerce fondée en 1848 et police municipale.) Pas de toiture en terrasse sur l’ensemble du bâtiment mais seulement une petite terrasse encaissée dans des combles à doubles égouts établis sur les quatre faces du bâtiment et éclairés par de petites lucarnes à ailerons.
S’y installa sous le Second Empire le musée des Beaux-arts municipal aux côtés des archives et de la bibliothèque. Celle-ci a investi en 1884 le comble central qui remplaça la petite terrasse peu adaptée au climat normand.



La place: ce lieu ouvert était un lieu clos avant la Révolution française, ouvert seulement en direction du Vieux bassin. C’était la place d’armes depuis le Moyen Âge, ce où se rassemble la garde nationale après la Révolution.
L’Hôtel de ville a été construit en 1832. Implanté à l’est de l’ancienne place d’Armes. Sa construction a été précédée par la démolition du logis Brucourt , de l’ancien Hôtel du gouverneur et de ses dépendances, deux édifices qui avaient servi tour à tour, aux XVIIe et XVIIIe siècles, d’Hôtel de ville. Ces démolitions achevèrent la restructuration du cœur politique de la ville

L’ancien secteur portuaire du Bassin du Centre

L’ancien bassin du centre aménagé à la fin du XVIIIe siècle est aujourd’hui occupé par un parking arboré. Situé aux portes de la ville historique, il sert d’aire de stockage pour véhicules appartenant aux touristes qui viennent visiter la ville.
Bien sûr, pour celui qui découvre Honfleur, tout comme pour le Honfleurais né après 1960, il est bien difficile de se représenter ce quartier portuaire avant le comblement du Bassin.

En quoi consistait-il?
Il a été un bassin de commerce de transition: le Bassin de Colbert s’est avéré au XVIIIe siècle insuffisant pour satisfaire les besoins des armateurs honfleurais qui pratiquaient le Grand commerce en droiture avec les Antilles ou le commerce triangulaire, ainsi que pour l’administration de la Gabelle pour l’approvisionnement des trois grands greniers qu’elle a fait construire à la fin du XVIIe siècle. Ce bassin plus grand que le Vieux Bassin, 1,3 ha contre 1 ha, son pertuis est plus large 12 m contre 10 et 6 m de tirant d’eau contre 5.( des 3 mâts); il est achevé à la Veille de la Révolution Française. En bordure de ses quais, à l’est, s’installèrent les chantiers navals d’Augustin Normand : ce sont eux qui sont représentés sur la gravure d’Ozanne.
C’est autour de ce bassin que s’effectua la reconversion de l’économie portuaire honfleuraise sous la restauration et la monarchie de Juillet : bois du nord d’abord, début du charbon. Les produits alimentaires restèrent principalement chargés et déchargés encore sur les quais du Vieux Bassin et ensuite le long du quai de la Quarantaine après son réaménagement sous la monarchie de Juillet; c’est là que sous le second Empire s’installèrent les bureaux de la Southern Railway Cie qui assura le trafic avec les ports britanniques.
Les photos qui datent de la fin du Second Empire ou des débuts de la IIIe République montrent l’utilisation des quais du bassin du Centre.
Contrairement au quartier du Vieux Bassin, il n’y a pas d’immeubles à proximité des quais, mais à bonne distance pour disposer de surfaces suffisantes pour stocker des pondéreux, des grumes…, des entrepôts, des bâtiments industriels; les seuls immeubles de bureaux avec des logements sont implantés à l’angle de l’actuel cours des fossés: l’immeuble des douanes et celui de la chambre de commerce (depuis siège de la Communauté de Communes)
Le bassin du Centre s’avéra rapidement insuffisant, d’où à la demande des négociants et armateurs d’aménager un nouveau Bassin de Commerce: celui qui fut inauguré en 1848 à la veille de la Révolution qui renversa la Monarchie de Juillet. Mais le Bassin du Centre dont le rôle ne cessa de décliner resta actif jusqu’à la première guerre mondiale. Ce secteur de la ville était complètement intégré alors dans la zone industrialo-portuaire qui s’était formée grâce au développement de nouvelles activités industrielles fonctionnant en liaison avec le port et au glissement de certaines activités plus anciennes qui s’étaient implantées cours d’Orléans ou étaient dispersées dans la ville. On voit bien que le quartier situé autour de l’ancien bassin du Centre n’a jamais eu les caractéristiques de celui bâti autour du Vieux Bassin.
Quel avenir pour ce secteur de l’ancien port?
La reconversion de ce secteur du port a alimenté bien des débats au sein de la population honfleuraise et du conseil municipal : la décision de le combler a suscité beaucoup de critiques mais la situation économique de la ville et le refus des autorités de tutelle de continuer d’entretenir un bassin inutilisé à une époque où la plaisance ne jouait pas encore un grand rôle dans les économies touristiques du littoral de la Manche ne laissaient guère d’autres possibilités.
Aussitôt comblé, la municipalité a fait aménager sommairement l’ancien bassin du centre en parking. La situation n’a pas évolué jusqu’aux années 1980. La situation a changé avec l’abandon du bassin de la République par les navires de commerce entraînant rapidement la démolition des silos, des anciens magasins généraux ; dans le même temps tous les immeubles de part et d’autres de la rue Victor Hugo disparaissaient aussi sous la pelle des démolisseurs, ouvrant ainsi largement la perspective en direction du Nord-Est de la ville
La municipalité Liabastre a opté pour des aménagements qui maintenaient libre l’espace central :la fonction de parking est confirmée mais celui-ci est paysagé.
Les espaces qui le jouxtent au sud ont bénéficié à la fin des années 1980 d’opérations immobilières qui ont fait disparaître les anciens bâtiments industriels, délaissés ou occupés temporairement par des commerces, ils avaient utilisé les surfaces disponibles sans avoir réhabilité les structures existantes : ainsi la résidence des Fontaines Saint-Léonard a t- elle pris la place de l’ancienne scierie Montreuil dont une partie des bâtiments avait abrité un supermarché et un magasin de meubles. L’opération immobilière qui s’est déroulée en deux grandes phases, a permis la requalification de tout l’îlot comprenant aussi l’ emplacement occupé par l’ancienne caserne des pompiers dénommé dans les écrits anciens le Mont Saint-Jean. Cette logique qui consiste à doter les abords du bassin du centre d’immeubles aux façades soignées avait déjà prévalu à plusieurs reprises : au sud avec le nouvel immeuble des Douanes le long du quai « Le Paulmier », au sud-ouest avec un hôtel et l’immeuble de la sécurité sociale le long du quai « de la Tour ».
A l’est, sur le terre-plein entre le quai Motard du bassin du Centre et le quai Tostain du bassin de la République, du fait de la disparition rapide à partir des années 1980 de tout trafic commercial dance dernier, la municipalité a pu obtenir la destruction d’entrepôts et de silos. A leur place, une petite criée à poissons pour la vente en gros a été reconstruite mais n’a servi comme telle que quelques années, victime comme sa sœur ainée de la place A Boudin, du désintérêt des pêcheurs pour ce type de structure. Elle a été louée ensuite à un simple poissonnier qui l’occupe encore aujourd’hui. La gare routière a été aménagée un peu plus loin, permettant de détruire celle qui était établie près de la porte de Rouen.
Ce renouvellement du bâti autour du bassin du centre a laissé très largement ouverte la vue sur le bassin de la République et aussi sur le bassin Carnot.
Pour le nouveau maire élu en 1995 et ceux qui l’ont soutenu, ces aménagements n’étaient pas à la hauteur des enjeux : ils voulaient doter la ville d’un nouveau centre touristique pour doubler celui qui s’était constitué autour du Vieux Bassin et qui était désormais saturé. Recreuser le bassin du Centre et bâtir autour de celui-ci des immeubles avec des commerces en rez-de-chaussée et un marché couvert, devinrent pendant quelques années l’objectif central de la municipalité qui en faisait le pivot de ses grands projets de développement pour la ville. Les nouvelles possibilités d’accueil des plaisanciers (un doublement par rapport à celles offertes à cette date) attireraient une clientèle nouvelle et créeraient une forte demande pour les appartements qui seraient commercialisés. Les détracteurs du projet dénonçaient une nouvelle « marina », terme réfuté par le maire qui entendait redonner vie à un quartier portuaire ancien et rééquilibrer le cœur de ville, contrairement au projet de son prédécesseur qui avait souhaité urbaniser autour du bassin de chasse.

De fait, le cabinet d’architecture sollicité pour travailler sur le projet s’est –il efforcé de donner un caractère urbain « traditionnel » à ce nouveau quartier au risque d’en faire un pastiche du Vieux Bassin. Pour les défenseurs du patrimoine, Ce projet peut apparaître comme la conséquence d’un contresens sur la notion de restauration d’infrastructures ou d’édifices patrimoniaux, dans la mesure où il se réclame d’une légitimité historique complètement imaginaire. Il aboutirait à une création nouvelle et non « une restitution » d’autant que le bassin recreusé n’aurait ni la même dimension, ni le même pertuis d’accès ! Le projet, bien que périodiquement remis à l’ordre du jour depuis presque vingt ans, n’a toujours pas connu de début de mise en œuvre. Plus que le débat de principe sur le projet, c’est en fait la faiblesse de sa base économique qui a conduit à en reporter sans cesse la réalisation. D’autant qu’un autre parti d’utilisation de cet espace pourrait s’avérer plus porteur en termes d’image et de retombées économiques. Il offre, en effet, à proximité du centre historique, l’assise foncière correspondant aux besoins d’un
grand musée d’art à rayonnement international auquel on pourrait donner une forme authentiquement contemporaine


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Message Posté le : Sam 30 Jan - 12:04 (2016)    Sujet du message : Publicité

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Yfig
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Hors ligne

Inscrit le: 27 Jan 2009
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Message Posté le : Sam 30 Jan - 12:31 (2016)    Sujet du message : Honfleur Histoire et Patrimoine par Répondre en citant

Bravo .... Bravi ! Smile

Pour le grand musée international ..... Est-ce qu'une usine ne serait pas plus propice pour l'emploi ??? Embarassed
_________________
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Dan.L
Sociétaire

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Inscrit le: 30 Jan 2009
Messages: 1 122
Localisation: la Rss

Message Posté le : Sam 30 Jan - 15:30 (2016)    Sujet du message : Honfleur Histoire et Patrimoine par Répondre en citant

Heu! Evil or Very Mad Il existe une grande zone d'activité vide, ce serait mieux que le Bassin du Centre pour une usine, non?
Et puis Si Pascal rêve d'un MUCEM, tu vas pas lui casser la baraque??? Mort de Rire


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Message Posté le : Aujourd’hui à 02:39 (2017)    Sujet du message : Honfleur Histoire et Patrimoine par

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