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L'arbre.
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Dan.L
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Message Posté le : Dim 15 Mar - 11:58 (2015)    Sujet du message : L'arbre. Répondre en citant

Le concours d'écriture est terminé, voici ce que le sujet m'a inspiré, hors concours, puisque je suis organisatrice, mais j'avais envie de m'amuser aussi.
Pour ceux qui vont sur le forum, j'ai écris cette histoire en épisodes pendant le concours.
Vous la trouverez ci- dessous en un seul "morceau".
J'ai écrit autre chose aussi, je vous en ferais part un  peu plus tard.












-Il a bougé, je te dis !
- Arrêtes avec ces conneries, je te dis, moi !
Je ne sais pas ce qui m’arrive. Voilà à présent que je me parle à moi-même ! Voilà que je sombre dans la folie, dans la parano. Et tout cela à cause d’un arbre ! Depuis quelques jours, le bouleau devant ma fenêtre a changé de place, j’en suis sûre. Il n’est pas parti en une nuit au bout du jardin, non. C’est beaucoup plus insidieux. Un matin, j’ai ouvert le volet de la cuisine et il m’avait semblé que l’arbre  penchait un peu plus, très peu, presque rien. J’ai cru que je me faisais des idées. Quand il a penché davantage, j’ai commencé à me poser des questions : comment le vent peut-il pousser cet arbre au beau milieu d’une petite cour fermée ? Les murs du jardin ne sont pas très hauts : un mètre pas plus mais je n’ai pas eu connaissance de tempêtes ni même de forts coups de vent.
Et pourtant, le matin suivant il penchait plus encore. J’ai fini par interroger mon voisin, histoire de savoir si pareille mésaventure arrivait à ses propres arbres. Je dois dire que j’ai eu un succès fou. Fou est bien le mot : « C’est sans doute le passage du métro en dessous qui ébranle votre arbre, chère madame » m’a-t-il avancé d’un air narquois tout en fermant les volets de son bureau qui donne sur la rue.
Alors, j’ai pris des mesures avec un mètre de charpentier, oublié là après les travaux d’aménagement. Distance du mur de la cuisine jusqu’au tronc, distance entre la première branche et le sol. On va bien voir demain. Et lendemain justement, j’ai trouvé deux centimètres et demi de différence sur la distance mur/arbre. Deux
 
 
centimètres et demi, me direz-vous, ce n’est pas grand-chose et, c’est bien ce que je me suis dit. Et le jour d’après, il y avait une différence de cinq centimètres avec la mesure initiale. Quatre jours plus tard, il y avait 12 centimètres. J’ai commencé à guetter la nuit pour voir qui était le farceur, je me suis usé les yeux dans l’obscurité sans résultat. Mais chaque matin, deux centimètres et demi de différence. Alors j’ai voulu, oublié cette histoire, passer à autre chose. Pendant une semaine complète je me suis abstenue de regarder l’arbre. J’ai laissé le volet de la cuisine fermé et je n’ai pas mis un pied au jardin. Il faisait un temps humide et froid, un temps de début d’hiver qui me facilitait la chose. Quand le dimanche suivant j’ouvris mes volets et que le timide soleil entra dans ma cuisine, je fus d’abord éblouie. Dans le jardin, l’herbe de la pelouse était encore blanchie de givre. L’arbre n’était plus devant moi à l’angle la maison : il trônait au milieu de la pelouse. J’ai refermé la fenêtre précipitamment et me suis ruée en haut pour prendre mon appareil photo avant de redescendre en trombe. Puis, je comparais la photo avec toutes celles que j’avais prises avant. Pas de doute possible, l’arbre avait bien dû avancer d’un bout mètre cinquante depuis que j’avais emménagé dans la maison. Sans aucune trace au sol, comme si de rien n’était, cet arbre s’était déplacé depuis le mur de la cuisine jusqu’au milieu de la pelouse.
Ah ! Je sais bien ce que vous vous dites. Vous vous dîtes que je vous ai promis une histoire qui fait peur alors que vous êtes en train de rigoler doucement parce que vous pensez que je suis juste un peu givrée comme ma pelouse, c’est bien cela, non ? Seulement, je ne vous ai pas raconté la suite. Et alors, on verra si vous rirez encore….
 
 
 
J’ai dû m’absenter deux semaines pour mon travail. Au retour, je me suis précipitée à la fenêtre de la cuisine. L’arbre était au fond du jardin ses branches pendantes dans le champ qui se trouve de l’autre côté du mur. Qu’est-ce que ça peut bien faire qu’un arbre ait envie de voir du pays, me direz-vous ? Il en a assez certainement de cette petite cour minuscule où il ne se passe jamais rien. Ou, peut-être que cet arbre ne m’aime pas. Je devrais lui parler sans doute, il parait que les arbres aiment qu’on leur parle. Comme les plantes d’ailleurs, il parait qu’elles aiment la conversation.  C’est sûrement çà ! L’ancien propriétaire venait sans doute lui parler chaque matin ou chaque soir ou les deux et à présent, l’arbre s’ennuie.
J’étais en train de défaire mes bagages quand on a frappé à ma porte. C’était mon voisin, mon seul voisin d’ailleurs car je ne sais pas si je vous l’ai dit mais j’habite au bout d’une impasse et je n’ai qu’un seul voisin. « Vous allez me prendre pour un fou », me dit-il ! « Depuis votre visite, mes arbres sont partis. Sur le moment, j’ai cru que vous veniez sonner à ma porte parce que vous aviez besoin de compagnie et moi, eh bien, j’aime bien ma tranquillité, vous voyez ! Votre prédécesseur, lui- aussi, il aimait le silence. Personne à des kilomètres, que la lande et au bout la mer. Seulement, à présent entre la lande et la mer, il y a la forêt et çà c’est depuis que vous êtes arrivée. Avant, il n’y avait pas de forêt.
« Vous voulez dire que les arbres ont commencé à bouger quand je suis arrivée ? ». Pourquoi je pose des questions dont je connais la réponse, bien sûr que oui, ils ont profité de mon arrivée pour s’offrir une petite virée au bord de l’eau, histoire de voir ! De voir quoi
 
d’ailleurs, est ce que les arbres voient ou pensent ? C’est que je suis végétarienne moi, ça commence à me faire peur. Heu ! Les arbres n’ont pas eu peur que je les bouffe quand même, non ? Il s’est sûrement passé quelque chose, au moment où je suis arrivée ?
Qu’est devenu l’ancien propriétaire de la maison ? L’agence ne m’a pas donné de détails et  je n’en ai pas demandé non plus. Je cherchais une maison isolée, aux confins de la lande  et la mer. Je me suis dit que le précédent propriétaire en avait eu assez de l’isolement, de cette atmosphère de bout du monde qui convient si bien à mon état d’âme. Une maison de pierre confortable, un petit jardin défendu d’un muret de pierre sèche et puis la lande qui se perd dans la mer. Enfin, depuis mon retour, un petit bois me cache la vue sur la mer…
« Comment vous ne savez pas ? Mais l’ancien propriétaire a disparu ! Un matin il n’était plus là ! La veille, il avait acheté une tronçonneuse, il avait l’intention de coupé le bouleau qui était près de la fenêtre de la cuisine et qui lui cachait le soleil. Le lendemain j’ai entendu le bruit de la tronçonneuse que l’on met en marche, une sorte de cri et puis, plus rien. Quand je suis sorti, la tronçonneuse gisait sur le sol arrêtée et en piteux état comme si on l’avait écrasée. On voyait une entaille à la base du tronc, preuve qu’il  avait bien l’intention de se débarrasser de l’arbre. Mais un détail a attiré mon intention, il y avait un petit bout de tissu qui semblait sortir du tronc. J’ai bien reconnu le tissu de la chemise écossaise de mon voisin. J’ai appelé la police qui est arrivée environ vingt minutes plus tard car comme vous le savez, bien que le coin ait l’air isolé nous ne sommes pas si loin de la ville. Quand je suis entré dans le jardin avec les deux policiers, le morceau de tissu avait disparu comme si l’arbre l’avait digéré. »
 
 
 
« Vous voulez dire que l’arbre a bouffé le type qui habitait là ? »
 
« Vous êtes malade, vous ! Non, mais qu’est-ce que vous avez dans la tête ? Où vous avez entendu que j’ai dit un  truc pareil ? »
«  Euh ! Excusez-moi…. » Je n’ai pas le temps de finir ma phrase, il est reparti. Je deviens folle c’est sûre. Si ça se trouve les arbres ont toujours été là-bas. Je n’ai jamais eu d’arbre dans le jardin. Oui, c’est bien çà. Je voulais de la solitude, du silence et je n’ai pas l’habitude, le silence, c’est comme le désert pour les néophytes : à force on a des hallucinations. Oui, j’ai des hallucinations dans le silence et la solitude. Rien de tout cela n’existe, c’est juste mon imagination ; le voisin n’est pas venu frapper à ma porte. D’ailleurs, on dirait bien qu’il n’est pas chez lui, ses volets sont fermés… Il s’enferme, il a peur ? Je n’ai plus faim, je décide de monter me coucher. Contrairement à mes prévisions je m’endors à peine la tête posée sur l’oreiller. Quand je me réveille, le jour est déjà levé et le soleil glisse ses rayons au travers des persiennes. J’ai faillis sourire à l’idée d’un petit déjeuner tardif au jardin et puis cette histoire m’est retombée dessus comme une chape de plomb.
Je descends à regret et pénètre dans la cuisine, le volet bloque un peu quand je le repousse, il y a une branche qui gêne un peu. Une branche de l’arbre, je comprends que mon prédécesseur ait eu envie de la couper ; c’est ce que je devrais faire moi-aussi. Au travers des branches, j’aperçois au loin la mer qui frissonne sous une brume légère. Oui, il faudrait bien que je coupe cette satanée branche qui me cache le paysage.
 


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Message Posté le : Dim 15 Mar - 11:58 (2015)    Sujet du message : Publicité

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