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16/06 - Les femmes dans la Quête du Graal
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Armand


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Message Posté le : Mar 17 Juin - 13:44 (2014)    Sujet du message : 16/06 - Les femmes dans la Quête du Graal Répondre en citant

I)                   Aux origines : Chrétien de Troyes


a.       Résumé
La version la plus ancienne et la plus connue de la Quête du Graal est celle, écrite à la fin du XIIème siècle, de l’auteur médiéval Chrétien de Troyes, bien connu par ailleurs pour ses autres récits médiévaux sur le cycle arthurien.  La particularité de « Perceval » est d’être inachevé, Chrétien étant sans doute mort avant d’avoir pu le terminer ; les suites que l’on connaît aujourd’hui furent écrites a posteriori par quatre auteurs différents, avec plus ou moins de talent et chacun possédant une interprétation de l’œuvre de Chrétien.
Dans sa version originale, « Perceval » est l’histoire d’un jeune homme innocent qui vit au fin fond de la forêt galloise avec sa mère, qui ne sera jamais appelée que « la Veuve Dame ». Ayant en effet perdu son mari et les frères aînés de Perceval à la guerre, elle désire protéger son cadet du monde extérieur et de ses dangers.
Le récit débute cependant par la rencontre de Perceval et d’une troupe d’êtres étranges revêtus de métal, qu’il prend d’abord pour des démons, puis pour des anges ; ce sont les chevaliers du roi Arthur, et le jeune homme fait aussitôt le vœu d’en devenir un. Abandonnant sa mère qui en mourra de douleur, Perceval se met en chemin vers la cour d’Arthur. Après y avoir vaincu le terrible chevalier Ecarlate et lui avoir volé son armure, il est formé à la chevalerie par son oncle Gornement, qui lui déconseille notamment de parler à tort et à travers comme il a habitude de le faire. Puis le jeune Gallois vit une série d’aventures, qui le voit notamment secourir sa cousine Blanchefleur d’un mauvais roi. Perceval arrive finalement au château du roi Pellès, où il assiste à une étrange scène.


"Comme ils parlaient de choses et d’autres, un valet d’une chambre vint, qui lance brillante tenait, empoignée par le milieu. Il passa à côté du feu et de ceux qui étaient assis. Coulait une goutte de sang de la pointe du fer de lance et jusqu’à la main du valet coulait cette goutte vermeille. Le jeune hôte voit la merveille et se roidit pour n’en point demander le sens. C’est qu’il se souvient des paroles de son maître en chevalerie. Ne lui a-t-il pas enseigné que jamais ne faut trop parler ? Poser question c’est vilenie. Il ne dit mot.
Deux valets s’en viennent alors, tenant en main des chandeliers d’or fin œuvré en nielle. Très beaux hommes étaient ces valets qui portaient les chandeliers. En chaque chandelier brûlaient dix chandelles à tout le moins. Une demoiselle très belle, et élancée et bien parée et qui avec les valets venait, tenait un graal entre ses mains. Quand en la salle elle fut entrée avec le graal qu’elle tenait, une si grande lumière en vint que les chandelles en perdirent leur clarté comme les étoiles quand se lève soleil ou lune. Derrière elle une autre pucelle qui apportait un plat d’argent. Le graal qui allait devant était fait de l’or le plus pur. Des pierres y étaient serties, pierres de maintes espèces, des plus riches et des plus précieuses qui soient en la mer ou sur terre. Nulle autre ne pourrait se comparer aux pierres sertissant le Graal. Ainsi qu’avait passé la lance, devant lui les pierres passèrent. D’une chambre en une autre allèrent. Le jeune homme les vit passer, mais à nul n’osa demander à qui l’on présentait ce graal dans l’autre chambre, car toujours il avait au cœur les paroles de l’homme sage, son maître en chevalerie.
 
(A son réveil, Perceval est seul dans le château. Il rencontre en partant une jeune fille en larmes auprès du corps d’un chevalier. De fil en aiguille, il lui raconte ce qu’il a vu la nuit passée.)
 
            « Alors, votre nom est changé, ami !
-          Comment ?


-          En « Perceval le Chétif ». Ah, malheureux Perceval, tu as connu male aventure de n’avoir jamais demandé cela qui eût fait tant de bien à ce bon roi qui est blessé ! bien vite il aurait retrouvé usage des membres et de sa terre. Si grand bien en fût advenu ! Mais sache que malheur en viendra, à toi et à autrui pour ce péché, sache-le bien ! Fut ainsi déjà pour ta mère, car elle est morte de douleur pour toi. Je te connais mieux que tu te connais, car toi, tu ne sais qui je suis. Pourtant en la maison de ta mère longtemps je fus élevé avec toi. Je suis ta cousine germaine et tu es mon cousin germain. Mais il ne me pèse pas moins, ce malheur qui t’es advenu, de n’avoir pas du Graal su ce qu’on en fait, à qui on le porte ; que d’avoir vu ta mère qui est morte et mort aussi ce chevalier que j’aimais si vivement et qui m’aimait en me disant sa chère amie. 
 
 
-          Ah cousine, si de ma mère l’avez dit vrai comment le savez-vous ? 
 
 
-          Comment non ? je l’ai vue mettre en terre. 
 
 
-          Que Dieu miséricordieux ait pitié de son âme ! vous m’avez compté là très douloureuse histoire. Mais, cousine, puisqu’elle est morte, qu’irais-je quérir plus avant ? Je n’y allais que pour la voir […] "
 
 
Perceval ou le Roman du Graal (trad. Jean-Pierre Foucher et 
 
 
André Ortais), Folio, Paris, 1974. 
 
 
  
 
 

Par la suite, Perceval regagne la cour d’Arthur, et l’auteur semble se désintéresser du sort du jeune Gallois. On suit ensuite en effet les aventures d’un chevalier bien plus connu, Gauvain, le neveu du roi Arthur ; celui-ci est à la recherche de la Lance qui Saigne, en revanche il n’est plus fait mention du graal.
 
La tâche de conclure l’œuvre de Chrétien revint donc à ses continuateurs ; ce sont eux qui, se basant sur une tradition remontant au VIème ou VIIème siècles, identifièrent le graal décrit dans « Perceval » à la coupe que le Christ utilisa lors de la Cène, coupe qui fut récupérée par Joseph d’Arimathie, fidèle disciple de Jésus qui évangélisa la Bretagne avec l’aide de sa famille. La Lance qui Saigne est quant à elle identifiée à la Lance de Longinus, celle-là même qui fut brandie par le centurion qui mit fin aux souffrances du Christ sur la Croix.
 
b.      La Veuve Dame
La mère de Perceval est la première femme à apparaître dans le récit ; on ne la reverra plus ensuite, et pour cause puisqu’elle meurt. Perceval cependant n’en est pas averti, et retrouver le domaine de son enfance devient alors une de ses motivations principales.
Toutes reposent en fait sur le même motif :
-          Retrouver le château du Graal et racheter sa faute
-          Retrouver sa mère et se réconcilier avec elle
-          Retrouver Blanchefleur et l’épouser en bonne et due forme
La Quête du Graal consiste en effet à restaurer une chose qui a été perdue ; la manifestation la plus évidente en est la blessure du Roi Pêcheur et la désolation de son domaine (il est appelé Terre Gaste, ce qui signifie Terre Désolée). La cousine de Perceval lui affirme que le Roi et sa terre auraient été sauvés s'il avait eu l’audace de poser la question (motif qui sera repris dans les continuations).


c.       La Blonde Pucelle
La Blonde Pucelle est la cousine de Perceval. Nombreux sont les personnages, dans les différents récits, à l’être, si bien qu’on ne sait pas exactement s’il s’agit à chaque fois d’un même personnage ou de plusieurs jeunes filles distinctes.
Par exemple, le Roi du Graal offre à son neveu Perceval une épée qui lui avait été donné par « sa nièce, la Blonde Pucelle » (c’est-à-dire qu’elle est la cousine du jeune héros) ; or, quelques pages plus loin, Perceval fait la connaissance d’une de ses cousines qui le renseigne sur les vertus magiques de cette épée. Mais rien chez Chrétien ne nous permet d’affirmer qu’il s’agisse de la même.
(Notons que cela semble être le cas chez Manessier, l’un des continuateurs).


d.      Blanchefleur, la demoiselle de la Tente et quelques autres
Comme dans tous les autres romans arthuriens, le héros est aidé ou sollicité par une série de jolies demoiselles, très rarement nommées. Blanchefleur, la cousine du héros, est un cas à part car elle deviendra par la suite son unique amour (ce qui est loin d’être le cas dans la légende originale, comme on le verra). Pourtant, on peut s’interroger sur son honnêteté ; certains avancent l’hypothèse qu’elle ne se donne à Perceval que pour mieux le convaincre de prendre sa défense face au mauvais roi qui l’assiège. Si c’est le cas, on peut alors considérer que l’œuvre de Chrétien préfigurait déjà l’effacement progressif de la femme dans la légende arthurienne, effacement qui sera poursuivi plus tard par la réforme grégorienne.




II)                Peredur, Parzival et Perlesveaux
a.       Peredur, la version galloise
Il existe une version galloise du mythe, presque contemporaine de Chrétien ; de par son caractère sanglant et païen, on peut légitimement penser qu’elle est très proche de la légende originale.
Perceval est ici nommé « Peredur », et son père « Evrawc ». Or, Evrawc (Eboracum en latin) était l’ancien nom de la ville d’York en Angleterre, ainsi que celui du royaume dont elle était la capitale. Et de fait, il a existé un roi d’Evrawc nommé Peredur qui a sans doute inspiré le personnage du roman ; celui-là s’appelait Peredur fils d’Eliffer et était connu pour avoir pris part à la bataille d’Arfderryd en 573. (Il était également le beau-père du Merlin historique).
Dans cette version, pas de graal, mais un plat où est posé une tête tranchée. Peredur apprendra qu’il s’agit de celle de son cousin, tué par les Neuf Sorcières de Gloucester, celles-là même qui l’ont formé et tiennent ici le rôle de Gornement. Les femmes sont omniprésentes, elles jouent un rôle de mentor et de guide. Il faut en effet signaler un personnage étrange qui apparaît sans cesse dans le récit, sous divers noms, guide le héros et lui confie des quêtes. Appelée notamment « la Femme du Tertre » et "l'Impératrice", elle est l’une des nombreuses femmes qui finiront dans le lit du héros au cours du récit.
Bien que le Graal ne soit pas présent dans ce récit, on remarque cependant que, comme dans tous les récits celtes, les chaudrons et autres marmites sont omniprésents. Ils sont un avatar de la Corne d’Abondance et préfigurent donc tout de même le Graal.
L’exemple le plus frappant de ce Chaudron dans la mythologie celte est la légende de Brân à la Tête Prophétique, roi légendaire de Bretagne ; dans ce récit on voit en effet apparaître un chaudron dans lequel on plonge les corps des guerriers tombés au combat pour les ramener à la vie. Dans ce récit aussi on retrouve le motif de la décapitation, car à la fin la tête tranchée du roi Brân continue à raconter des histoires à ses camarades. 


b.      Parzival, récit bavarois atypique
L’auteur de Parzival est un chevalier bavarois du nom de Wolfram Von Eschenbar. Le fait que ce soit un noble qui écrive ce récit n’est pas unique mais assez rare. Sa version est très proche de celle de Chrétien de Troyes et des continuateurs, quoique plus courte, et bien que les noms changent, rendant parfois l’identification des personnages délicates. Le seul fait notable est que le Graal n’est ici pas une coupe, mais une pierre. A la vérité, dans la tradition classique, il est parfois dit que le Saint-Graal a été taillé dans une émeraude qui ornait le diadème de Lucifer.


c.       Perlesvaux : la Demoiselle au Char
Ce roman fut sans doute écrit par un ancien Juif converti, car il insiste parfois très lourdement sur l’antagonisme entre l’Ancienne et la Nouvelle religions. Paradoxalement, malgré la religiosité exacerbée du texte, on retrouve un certain nombre d’éléments de la légende païenne originale, notamment la décapitation, puisque le char de la cousine de Perceval est recouvert de têtes momifiées. Celle-ci arrive à la cour du roi Arthur dans un cortège qui n'est pas sans rappeler celui du Graal lui-même :


"Alors que le premier plat avait été servi et que l'on attendait le second, voici que trois demoiselles entrèrent dans la salle. Celle qui venait devant montait une mule blanche comme neige : l'animal avait la tête recouverte d'un chanfrein d'or, sa selle aux arçons d'ivoire était brodée de pierreries et le tapis de selle était de soie vermeille semée de gouttes d'or. Cette demoiselle était fort belle de corps, mais non de visage ; elle portait de magnifiques vêtements de soie et une coiffure toute chargée de pierres précieuses étincelantes qui lui cachait toute la tête : elle en avait bien besoin, car elle était complètement chauve ! Elle portait son bras droit suspendu à son cou par une étole d’or, et elle l’appuyait sur un coussin superbe tout orné de clochettes d’or ; dans sa main, elle tenait la tête d’un roi incrustée d’un sceau d’argent et portant une couronne d’or. La jeune femme qui venait ensuite montait à la manière d’un jeune homme et portait, attachée derrière elle, une malle sur laquelle se tenait un petit chien ; elle avait attaché à son cou un bouclier avec des bandes d’argent et d’azur et une croix vermeille, ornée en son centre d’une boucle d’or et de pierreries. La troisième demoiselle venait à pied, haut troussée comme un garçon, et tenait dans sa main un fouet dont elle excitait les deux montures. Les deux dernières étaient plus belles que la première, mais celle à pied était de loin la plus belle."
 


« Perlesvaux » (trad. Christiane Marchello-Nizia), in La Légende arthurienne, 
 
 
Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1989 
 
 
  
 
 
 
Cette « Demoiselle au Char » et ses deux compagnes jouent d’ailleurs un rôle prépondérant dans le récit ; elles sont les messagères du Graal, les seules qui maintiennent le contact entre le domaine du Roi-Pêcheur et le monde terrestre. Elles confient également à Arthur les éléments qui permettront de reconnaître à coup sûr l’élu du Graal (par exemple, un chien qui n’aboiera qu’en sa présence). Il arrive aussi à la Demoiselle au Char d’expliquer aux chevaliers certains des miracles dont ils ont été témoins ; mais de plus en plus, ce rôle tend à être assumé par de pieux ermites plutôt que par de jeunes demoiselles.




III)             L’escamotage des femmes après la réforme grégorienne


a.       La Quête du Graal
Aujourd’hui, la version qui fait aujourd’hui autorité est celle décrite dans l’un des tomes du grand cycle littéraire du Moyen-Âge, appelé le Lancelot-Graal.
Dans la version ultime et aujourd’hui officielle de la Quête du Graal, Perceval ne sera pas l’élu qui l’accomplira ; il sera remplacé par un nouveau personnage, jugé plus pur, Galaad, le fils qu’eut Lancelot de la fille du roi-Pêcheur.
On remarque en fait une série de quatre élus potentiels :
-          D’abord Gauvain, qui est d’ailleurs un des plus anciens personnages de la mythologie arthurienne, le neveu du roi Arthur et son meilleur chevalier. Les grégoriens, offusqués de son goût des femmes, s’acharneront à en faire un individu médiocre voire indigne.
-          Lancelot ensuite ; le chevalier parfait sous tous rapports, à un détail près, détail qui le perdra ; il est tombé amoureux de la femme du roi, Guenièvre.
-          Perceval, le niais qui n’a pas su poser la question. Il sera cependant admis, ainsi que Bohort, le cousin de Lancelot, à accompagner Galaad au château du Graal puis dans la cité mythique de Sarras où il mourra.
-          Galaad enfin, modèle de chasteté et de pureté, créé par et pour la réforme grégorienne. Il est comme le Christ, conçu sans péché, car son père Lancelot avait été abusé par un philtre d’amour ; Galaad a donc été conçu "sans échauffement de luxure".
Dans La Quête du Graal, on assiste pour la première fois à la séparation entre la chevalerie terrestre, qui se base sur les vertus guerrières, et la chevalerie céleste, qui impose au chevalier un idéal beaucoup plus austère et rigoureux.


b.      La femme tentatrice
Le rôle de la femme est considérablement réduit ici ; mis à part les jeunes pucelles qui apparaissent de loin en loin pour informer les héros, avatars des anciennes fées, et qui sont peu à peu remplacé par de pieux ermites, il n’y plus que deux personnages d’importance : l’un d’eux est celui de la reine Guenièvre, une femme adultère et manipulatrice qui est assez peu sympathique. Elle est la cause de la chute de Lancelot et l’empêche d’atteindre le Graal.
Les trois quarts des femmes dans la Quête du Graal ont un rôle de démon tentateur plus ou moins comparable ; Galaad et Bohort ont à affronter tour à tour les dangers du Château des Pucelles, où de très belles jeunes filles les supplient de les épouser faute de quoi elles se jettent du haut du donjon. Etant donné qu’elles sont en fait des diables déguisés, le choix juste et moral est de les laisser faire, ce que font les deux chevaliers. Les partisans de la réforme, réinterprétant les textes bibliques, veulent ainsi condamner les « filles d’Eve » qui conduisent les hommes au péché.


c.       La sœur de Perceval
Le seul personnage féminin d’importance que conservèrent les grégoriens est la sœur de Perceval, dont le rôle était pourtant relativement limité dans les versions précédentes. Appelée « Dindrane » dans certaines versions, elle est l’unique femme engagée dans la Quête du Graal. (On la surnomme également "Celle-qui-Jamais-ne-mentit, puisqu'elle est muette jusqu'à sa rencontre avec son frère).
On ne sait trop s’il faut la considérer comme une guide, à l’instar de la cousine de Perceval, ou comme un compagnon de la Quête à part entière. Elle sait en effet un certain nombre de choses ignorées des chevaliers d’Arthur ; malheureusement, Dindrane se sacrifie pour sauver une femme atteinte de la lèpre, nous empêchant d’en apprendre plus sur elle. Elle est cependant enterrée aux côtés de Galaad et de Perceval, ce qui peut constituer un indice sur son importance. La raison pour laquelle les moines ont inclus ce personnage est sans doute leur culte de la chasteté (qui est aussi une condition sine qua non pour accéder au Graal). Ainsi seule une vierge peut avoir l'honneur de porter le Saint-Graal ; Elaine, la fille du Roi-Pêcheur, perd ce droit au profit de sa cousine lorsqu'elle couche avec Lancelot pour concevoir Galaad.
 
-> Le Graal est donc né de la fusion progressive de deux traditions :
-          La légende du Chaudron d’Abondance celtique ( à noter que dans cette mythologie, la lance joue également un rôle primordial, notamment celle du grand Dieu Lug)
-          La légende de Joseph d’Arimathie, le gardien de la Coupe sacrée dans la Bible
            On connaît cinq versions de la fin des aventures de Perceval :
-          Celle des Continuateurs, parfois contradictoire parce qu’écrite par plusieurs auteurs, mais qui a le mérite d’inclure des épisodes typiques de la légende arthurienne et de reprendre les fils laissés en suspens par Chrétien de Troyes. Comme on l’a vu elle donne aux femmes la part belle, car elles sont le lien vivant entre le monde terrestre où évoluent Arthur et ses chevaliers, et l’Autre Monde qui n’est pas sans ressembler à l’Enfer Celte.
-          Celle de Perlesvaux, très similaire
-          Celle de Wolfram Von Eschenbach, assez peu originale, mais qui inspira à Wagner un de ses plus beaux opéras
-          Celle de la Quête du Graal, écrite par les moines grégoriens et qui s’éloigne définitivement des légendes celtes. Elle est aujourd'hui celle qui fait autorité, la version "canonique" du mythe du Sain-Graal.
-          Celle de Heinrich Von Dem Turlin, appelée « La Couronne » (Diu Crone), qui est très peu connue. Certains pensent cependant qu’ elle est la plus proche de la légende originelle (c’est-à-dire celle que voulait écrire Chrétien). En effet, ici c’est Gauvain qui au final réalise la Quête du Graal ; or on a vu que la deuxième partie de l’œuvre de Chrétien suivait davantage les pérégrinations de Gauvain que celles de Perceval.


Dernière édition par Armand le Mar 17 Juin - 13:48 (2014); édité 1 fois
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Message Posté le : Mar 17 Juin - 13:44 (2014)    Sujet du message : Publicité

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Armand


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Inscrit le: 17 Juin 2014
Messages: 2

Message Posté le : Mar 17 Juin - 13:46 (2014)    Sujet du message : 16/06 - Les femmes dans la Quête du Graal Répondre en citant

Voilà j'espère avoir posté au bon endroit et surtout que cela vous aura intéressé !

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Dan.L
Sociétaire

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Inscrit le: 30 Jan 2009
Messages: 1 025
Localisation: la Rss

Message Posté le : Mar 17 Juin - 16:56 (2014)    Sujet du message : 16/06 - Les femmes dans la Quête du Graal Répondre en citant

Merci Armand!

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DUFAU Danièle


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Inscrit le: 22 Avr 2011
Messages: 18
Localisation: Gonneville sur Honnfleur

Message Posté le : Mer 18 Juin - 20:35 (2014)    Sujet du message : 16/06 - Les femmes dans la Quête du Graal Répondre en citant

C'est très explicite, très complet.
Merci Armand


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Message Posté le : Aujourd’hui à 00:32 (2017)    Sujet du message : 16/06 - Les femmes dans la Quête du Graal

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