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La Chartreuse de Parme
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Dan.L
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Message Posté le : Ven 18 Jan - 10:01 (2013)    Sujet du message : La Chartreuse de Parme Répondre en citant

Prochain Atelier lecture
La Chartreuse de Parme
La Chartreuse de Parme est un roman publié par Stendhal. Cette œuvre majeure, qui lui valut la célébrité, fut publiée en deux volumes en mars 1839, puis refondue en 1841, soit peu avant la mort de Stendhal, suite à un article fameux de Balzac et prenant de fait un tour plus « Balzacien » : aujourd’hui, c’est le texte stendhalien d’origine que l’on lit encore.
L’œuvre sera, jusqu’au début du XXe siècle, relativement inconnue en dehors de quelques cercles d’esthètes, de critiques littéraires, ou de personnalités visionnaires (Nietzsche), ce que Stendhal semblait appeler de ses vœux, dédicaçant son roman To the Happy Few.
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Dernière édition par Dan.L le Lun 18 Mar - 15:20 (2013); édité 1 fois
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Message Posté le : Ven 18 Jan - 10:01 (2013)    Sujet du message : Publicité

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Dan.L
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Message Posté le : Lun 18 Mar - 15:19 (2013)    Sujet du message : La Chartreuse de Parme Répondre en citant

La Chartreuse de Parme, roman du sublime. 
Commentaires de Jean Pierre Le Blond 
 
  
 
(Les références de pages sont celles de l’édition des Classiques Garnier 1965) 
 
  
 
Parmi d’autres qualificatifs liés au lyrisme stendhalien, le terme « sublime » revient souvent dans le roman. Le mot « sublime » du latin « sublimis » : suspendu en l’air, haut, élevé s’applique à « ce qui est très haut dans la hiérarchie des valeurs esthétiques, intellectuelles ou morales. Il peut qualifier la beauté d’un paysage, de phénomènes naturels, d’une œuvre humaine, particulièrement d’une œuvre d’art. Il peut s’appliquer à une personne qui fait preuve d’une vertu ou d’un mérite exceptionnels dignes d’admiration. Le sublime ouvre sur l’infini et tend vers lui. Les apparitions du mot dans le roman jalonnent l’itinéraire du héros et des âmes d’élites qui l’accompagnent dans sa quête aristocratique  du bonheur. 
 
  
 
La perception du sublime 
 
  
 
 Seules les âmes d’élite peuvent percevoir le sublime, les autres restent englués dans le  réel 
 
« plat et fangeux », avec leurs petits intérêts, leurs vanités et leurs ambitions médiocres. Mais  ces âmes d’élite ne le perçoivent qu’à condition d’être dans une disposition d’esprit favorable. Ainsi Fabrice  parvenu à une grande élévation de pensées en retombe-t-il brutalement à la pensée qu’il a bénéficié des honneurs accordés à son gouverneur de Naples. 
 
 (chap VIII, p 148 ) : 
 
« Fabrice était bien tombé de cette élévation de bonheur sublime où il s’était trouvé une heure auparavant. La pensée du privilège avait désséché cette plante toujours si délicate qu’on nomme le bonheur. » De même, à la page suivante où , du clocher de Grianta, on le voit admirer le mur de la terrasse du château de son père. Au souvenir des sévérités de son père et surtout de la dénonciation de son frère « il détourna la tête avec dégoût ». Inversement les sublimes beautés de la nature agissent sur l’état d’âme du héros et des héroïnes. 
 
  
 
La magie des eaux et des paysages du lac Majeur et du lac de Côme. 
 
Les beautés sublimes de la nature apaisent les cœurs et favorisent leur épanouissement pour peu que l’âme y soit réceptive. 
 
a) La comtesse Pietranera :  
 
Après la mort de son mari et la défaite de Napoléon, la comtesse Pietranera quitte la vie brillante de la cour de Milan et se réjouit de retourner vivre au château de Grianta : (chap II, p. 22) 
 
« L’âme mobile de la comtesse embrassa avec enthousiasme l’idée de ce nouveau genre de vie ; il y avait vingt ans qu’elle n’avait habité ce château vénérable, s’élevant majestueusement au milieu des vieux châtaigniers plantés du temps des Sforce. Là, se disait-elle, je trouverai le repos, et, à mon âge, n’est-ce pas le bonheur ? (Comme elle avait trente et un ans elle se croyait arrivée au moment de la retraite.) Sur ce lac sublime où je suis née, m’attend enfin une vie heureuse et paisible. » 
 
 La suite du passage qu’il faudrait citer (p. 23-24)  montre que les paysages sublimes du lac et de ses rives lui font oublier les laideurs de la civilisation et lui inspirent des sentiments nobles et tendres. La vue des eaux, le caractère sauvage des collines, les arbres, les clochers et les cimes lointaines des Alpes, le bruit lointain des cloches porté par les eaux font naître une mélancolie et une sorte de détachement propices au bonheur. L’étendue des eaux, vues d’une position surplombante, le caractère sauvage de la végétation, les lignes verticales du paysage orientent l’âme vers une sorte d’infini. 
 
Plus loin on voit la comtesse prendre sa barque pour aller lire dans «  les beaux sites du lac » les lettres d’amour que lui envoie le comte Mosca.(Chap VI, p 99) « Les sublimes beautés des aspects du lac de Côme recommençaient à la charmer . » 
 
b) Fabrice et les sublimes beautés des lacs : 
 
Peu après son retour de Naples, Fabrice est parti retrouver sa mère et ses sœurs à Belgirate, fort mécontent de n’avoir pu  approcher Marietta. 
 
La vue du lac change d’abord en « douce mélancolie le chagrin de Fabrice (chap VIII, p 145) «  Ce lac…Bologne » et apaise l’embarras que lui cause l’affection passionnée de sa tante. L’idée lui vient d’aller consulter l’abbé Blanès. Les paysages contemplés au cours de cette équipée vont l’éclairer dans sa quête : 
 
 (chap VIII, p 146 « A un quart de lieue de Côme…avec gaieté. » p 147 Fabrice contemple le lac de nuit depuis un rocher isolé et y vit des moments  de grand bonheur.  « L’aspect seul de la beauté sublime le portait à l’attendrissement, et ôtait à ses chagrins leur pointe âpre et dure … depuis longtemps. »  Ce bonheur élève ses sentiments et lui inspire « un  enthousiasme de générosité et de vertu à l’égard de sa tante et le délivre d’un poids énorme. 
 
La contemplation se poursuit, le paysage se dégage de ses brumes. Fabrice accède à une vision nette des lignes du paysage, à une vision sereine et grandiose en harmonie avec la noblesse de ses résolutions. (p 147 « La chaleur accablante …possible. » (p148). C’est alors que la pensée du privilège dont il a bénéficié assombrit momentanément sa vision. 
 
  
 
Le sublime et le symbolisme des lieux élevés : 
 
  
 
Le caractère sublime des paysages du lac tiennent en grande partie à la position dominante de celui qui les contemple et en a comme une vision aérienne, mais aussi, on l’a vu, aux lignes verticales de ces paysages. Par leurs étendues horizontales et  verticales  ces paysages orientent le regard vers l’infini. Les lieux élevés jouent un rôle de prédilection dans la destinée du héros.  Le château de Grianta où il  a vécu sa jeunesse est «  situé dans une position peut-être unique au monde, sur un plateau à cent cinquante pieds au-dessus de ce lac sublime dont il domine une grande partie. » (chap I,  p 9)  
 
  
 
Le clocher de l’abbé Blanès , les oiseaux et les orangers: 
 
Au terme de son équipée heureuse Fabrice retrouve avec un grand bonheur son père spirituel et  du haut du clocher parvient à une vision heureuse de toute sa vie. 
 
 Le clocher annonce la prison et déjà au motif de l’altitude on voit se joindre celui des oiseaux et celui des orangers. 
 
( chap IX, p 155) « Il distinguait… vraiment grandiose. » 
 
Du haut du clocher,  de Grianta face à Bellagio, Fabrice domine les deux branches du lac et cette vision aérienne fait naître en lui les sentiments les plus élevés, en même temps que les paysages du lac,  ce sont tous les moments de sa vie qu’il domine. 
 
(chap IX, p 156) « Mais il y avait un spectacle…..l’une des plus heureuses de sa vie. » Il en arrive à embrasser toute sa vie comme si elle était parvenue à sa dernière limite et chose qui n’est accordée à personne,  sa vie lui apparaît sous forme de destin. (p 156) « Le bonheur…m’ont rendu méchant… » Il fait alors le vœu de revenir souvent « sur ce lac sublime » mais ensuite c’est en prison qu’il retrouve une telle élévation de sentiment. 
 
  
 
La tour Farnèse : 
 
Lors de son emprisonnement (chapXV), Fabrice trouve dans la vue de la beauté céleste de Clélia et son  regard pensif , chargé de pitié,  la confirmation de l’illumination perçue à leur première rencontre (chapV, p 77-78) Ce regard l’a empli de bonheur et il oublie complètement d’être malheureux malgré la rigueur extrême des conditions de détention. En parvenant sur la plate-forme de la tour sur laquelle est construite la seconde tour, Fabrice découvre un paysage extraordinairement vaste  dont il a encore une vue aérienne: (Chap XVIII, p 290-291) 
 
« Fabrice découvrait…de Parme. » 
 
Dès son arrivée dans sa  cellule de la seconde tour, Fabrice retrouve la compagnie des oiseaux et contemple le clair de lune sur la plaine du Pô et les sommets des Alpes et, à la vue de ce panorama grandiose, impossible à embrasser réellement, de «  ce spectacle sublime » oublie son malheur : (p 293)  
 
« Il y avait lune…les douceurs de la prison. » 
 
Peu après il retourne contempler cet immense horizon. La vision des étoiles s’ajoute à celle des cimes enneigées sous le clair de lune. Il perçoit l’accord entre  cette vision grandiose et l’élévation des pensées de Clélia (p 95) : 
 
« Quand il fut seul…fort avancée de la nuit. » 
 
C’est le chant des oiseaux qui le réveille (p 295) il découvre, outre l’immense chaîne des Alpes, la volière et les oiseaux de Clélia avant de découvrir, un peu plus tard, les orangers ( p 298) qu’elle a fait placer sous la fenêtre de Fabrice. Les oiseaux évoquent la poésie et l’élévation de pensées mais aussi la liberté et la captivité en référence à la captivité amoureuse de Fabrice. Les orangers peuvent être interprétés comme une image de bonheur et d’épanouissement. Le motif réapparaît  p 258, 298, 474. Fabrice ne vit plus que de l’espoir de voir apparaître Clélia (p 298,301,304, 305) 
 
« L’image  sublime de Clélia Conti, en s’emparant de toute son âme…le plus malheureux des hommes. »(chapXVIII, p 305) 
 
Les aveux involontaires de Clélia  après la deuxième sérénade donnée par le marquis Crescenzi portent Fabrice au comble du bonheur : (chap XXV, p 335) 
 
« mais enfin il avait cette joie suprême et peu espérée d’être aimé par l’être divin qui occupait toutes ses pensées. » Il est alors parvenu à  une hauteur de sentiment, à un degré de bonheur et d’exaltation inégalable qui, au yeux de Stendhal le place loin au-dessus du commun. 
 
  
 
De la perception du sublime à l’incarnation du sublime.  
 
  
 
Il arrive à des personnages d’avoir une attitude sublime. Tel est le cas de la Sanseverina quand, mue par son amour passionné de Fabrice et son désir de le sauver, elle adresse au prince un ultimatum qui le fait plier : (ChapXIV, p 233) «  L’accent admirable et surtout vrai…L’ensemble de sa personne atteignit en ce moment une beauté sublime. » Mais nul plus que Clélia n’incarne le sublime. 
 
Dès ses premières apparitions, Clélia se fait remarquer par sa beauté et son élévation d’âme auxquelles renvoient les expressions de «  figure céleste » ou  de «  figure sublime ». Elle vit retirée et ne paraît à la cour que pour obéir à son père et ne pas nuire à son ambition. Elle éconduit ses prétendants et on lui a longtemps attribué l’intention de se retirer dans un couvent. Elle se tient éloignée des intrigues et paraît souvent un peu absente et détachée de tout.(chap XV, p254) 
 
Le sublime de son attitude tient au naturel et à la vérité transparente de son comportement. Le soir de l’emprisonnement de Fabrice,  la duchesse remarque sa singulière animation qui rend sa beauté irrésistible. A partir de ce moment, on la voit déchirée entre sa piété et le sentiment de ses devoirs envers son père qui lui interdisent  tout sentiment tendre pour Fabrice et, d’autre part, l’inclination et la passion irrésistible qui la portent vers lui. La sincérité et la force de ces sentiments contraires  la conduisent à des décisions impossibles à tenir. Après avoir, malgré ses scrupules, trahit son admiration, sa pitié,  par les aveux involontaires  que sont ses fuites précipitées, elle finit par entrer en communication réglée avec le prisonnier en justifiant son attitude par les menaces d’empoisonnement qui pèsent sur Fabrice et en la présentant comme un devoir d’humanité. De temps à autre, elle cède à ses remords et se punit en disparaissant pour quelque temps jusqu’ à ce que  son angoisse la convainque de renouer la communication avec Fabrice. Elle trahit son père et collabore activement à l’évasion de Fabrice en joignant ses efforts, malgré sa jalousie, à ceux de la duchesse Sanseverina. Elle accepte, après avoir d’abord refusé, et disparu pendant 5 jours, de se rendre à une entrevue  secrète avec Fabrice dans la chapelle de marbre et, malgré ses résolutions, avoue à Fabrice ses sentiments passionnés. (chapXX, p 333) Cinq  autres jours après cette première entrevue, elle convie elle-même Fabrice à une seconde entrevue et lui arrache la promesse  qu’il  s’évadera. Elle lui indique comment elle lui fera parvenir des cordes. Après l’évanouissement de son père auquel on a administré une dose de laudanum, elle fait parvenir à Fabrice un billet où elle lui révèle  qu’elle a fait vœu à la Madone de ne jamais le revoir et d’épouser le marquis Crescenzi, selon le désir de son père, si ce dernier est sauvé. Après l’évasion elle chante le sonnet que Fabrice lui a envoyé dissimulé dans des ouvrages destinés à son oncle. Torturée de remords, elle tente de se rappeler son voeu. Elle déclare à son père son manque d’inclination pour le marquis mais se soumet à ses ordres. Les préparatifs du mariage s’accélèrent. Le retour de Fabrice venu se constituer prisonnier la plonge dans le désespoir, elle lui signifie à nouveau qu’elle a fait vœu de ne jamais le revoir, mais dominée par l’angoisse de son empoisonnement, court jusqu’à sa cellule, en bravant tous le gardes et guichetiers, parvient à lui, avant qu’il n’ait touché à son repas empoisonné et n’oppose aucune résistance à ses élans passionnés. ( Chap XXV, p 421) « Depuis sa faute la physionomie de Clélia (a pris) un caractère de noblesse et de sérieux vraiment remarquable. » Elle se jure à chaque instant d’être fidèle à son vœu et se dérobe à la vue de Fabrice  avec le sentiment du «  malheur parfait » (chap XXVI, p 436) Quand, sous un déguisement, Fabrice obtient une entrevue sous prétexte de lui remettre des lettres de son père, elle s’enfuit au fond de la pièce, éteint la bougie et tombe dans ses bras  en lui reprochant sa cruauté . Quelques jours après, Fabrice se retire à la chartreuse de Velleja où elle lui envoie une lettre pour lui demander de lui donner son consentement à son mariage avec le marquis. Au bout de deux mois, Clélia et Fabrice se retrouvent malgré eux face à face, à une fête de la cour, leurs regards se rencontrent, elle oublie son vœu. Mais le mariage a lieu et Clélia, torturée de remords  vit enfermée dans son palais et se dérobe à la vue de Fabrice pendant 14 mois, jusqu’au jour où elle ne résiste plus au désir d’aller observer cette Anetta Marini qu’on dit follement amoureuse de Fabrice. Elle se rend à l’église où Fabrice prêche, se disant que c’est  pour entendre un prédicateur, non pour voir Fabrice. Le lendemain, elle envoie à Fabrice un billet disant qu’elle l’attendra à une porte secrète de son orangeraie. Clélia se reproche maintenant d’avoir pu passer 14 mois sans le voir et noue avec lui une liaison secrète de 3 ans pendant lesquels elle reçoit Fabrice, à la nuit tombée et dans le noir, pour ne pas manquer à son vœu. Quand Fabrice, désirant voir son enfant a l’idée de feindre une maladie  puis la mort de l’enfant pendant une absence du marquis pour l’enlever, Clélia terrorisée à l’idée d’être frappée par la colère céleste, tombe malade et quand Sandrino tombe réellement malade et meurt, se sentant frappée d’une juste punition, elle meurt quelques mois après dans les bras de Fabrice. La force de ses sentiments contraires l’ont portée au-delà des limites que le remords et  l’amour  peuvent atteindre chez un  être humain.  
 
  
 
La contagion du sublime : 
 
Fabrice se trouve entraîné dans le sillage de Clélia, porté lui aussi à une intensité et élévation de sentiment quasi inaccessible. Il ne vit plus que pour et par la vue de Clélia. Il refuse d’abord de s’évader pour continuer à voir Clélia puis, par amour, obéit à son ordre. Il revient ensuite se constituer prisonnier, heureux de la revoir, malgré le risque d’empoisonnement. A la demande de Clélia, il donne son consentement à son mariage et se plie à son vœu. Acquitté, nommé évêque coadjuteur et comblé d’honneurs, il méprise toutes ces marques de réussite et adopte « un petit habit noir et râpé de simple prêtre » (p 434,444,448,449). Il se tient éloigné des fêtes de la cour et acquiert une réputation de sainteté à laquelle contribuent sa tristesse et sa maigreur (p 441 ). Toute sa conduite est en fait dictée par le désespoir.  L’inspiration passionnée de ses sermons, puisée dans son amour malheureux et jointe à sa pâleur et à sa maigreur remplit les églises.(chap XXVII, p 459 et chap XXVIII, p 473). Il se retire une première fois à la chartreuse de Velleja ( chap XXVI, p 440), puis ,après la mort de Sandrino et Clélia, à la Chartreuse de Parme ( chap XXVIII, p 479) « Fabrice était…à deux lieues de Sacca. » Il atteint dans le renoncement une forme de sainteté. Ni Fabrice ni Clélia ne trouvent  le bonheur dans la réussite sociale de leurs vie (mariage de Clélia avec le marquis Crescenzi, immensément riche et chevalier d’honneur de la princesse, nomination de Fabrice comme évêque coadjuteur) Leur épanouissement est ailleurs, il est dans un éloignement pour toutes les satisfactions de vanité, de richesse et d’ambition, il est dans la consécration de toute leur vie à leur passion  réciproque jusqu’aux limites extrêmes où peut atteindre le dévouement,  la générosité et le renoncement pour l’être aimé. Le culte de soi aristocratique et la chasse au bonheur conduisent Fabrice au renoncement suprême. 
 
  
 
La contagion du sublime dans le crime : 
 
La Sanseverina atteint elle aussi les limites du sublime. Loyale avec le comte Mosca ,  elle agit toujours en conformité avec ses sentiments passionnés sans renoncer devant aucun obstacle ni aucun danger. Trompée par Ernest-Ranuce IV,  elle inonde Parme, donnant  à Ferrante Palla le signal de l’empoisonnement du prince et, pour donner plus d’éclat à sa vengeance organise une fête fastueuse pour les pauvres dans son château de Sacca. Après le deuxième emprisonnement de Fabrice, son combat pour le salut de Fabrice la conduit aussi aux limites extrêmes du renoncement : comme elle l’avait promis pour sauver Fabrice, elle sacrifie son honneur au prince et s’exile définitivement à Naples. Malgré toutes les apparences du bonheur elle survit fort peu à Fabrice. Dans son sillage elle a entraîné le poète et  révolutionnaire républicain Ferrante Palla qui, fou d’amour pour elle, se charge de la vengeance criminelle de la duchesse en accord  avec son combat politique. 
 
  
 
Il subsiste, malgré tout, quelque chose d’inaccompli dans le bonheur des héros du roman. Leur passion ne s’accomplit jamais dans la durée et ne semble subsister  à ce degré d’intensité que par les obstacles qui la contrarient jusqu’au bout : séparation puis respect du vœu de Clélia qui empêchent Fabrice de voir Clélia et Sandrino. Le sublime place le narrateur et les personnages sur une crête qui côtoie des précipices. Il arrive qu’il frôle l’exagération grandiloquente et le grotesque : ainsi, au terme de l’entrevue entre la Sanseverina et Ferrante Palla lorsque la duchesse le rappelle deux fois en le qualifiant d’« homme sublime » ( chap XXI, p 354-355). De même, lorsque Fabrice verse des larmes en prêchant et que ses larmes se communiquent à toute l’assistance : (chap XXVIII, p 461-462) Quelques minutes… point ridicule à leurs voisins. » 
 
Cette difficulté à se maintenir sur les crêtes du sublime explique peut-être aussi le caractère abrupt du dénouement : ni les personnages ni le narrateur ne pouvaient aller au-delà des limites atteintes et se maintenir sur de tels sommets. 
 
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Dan.L
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Message Posté le : Ven 31 Mai - 21:53 (2013)    Sujet du message : La Chartreuse de Parme Répondre en citant

Notre prochaine LECTURE EN ATELIER  :
Une Vie de Maupassant


ce sera une introduction à notre balade littéraire de l'automne


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