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Forum littérature de "La Rivière Saint Sauveur" 14 Calvados
 
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souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier
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Dan.L
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Message Posté le : Ven 28 Sep - 18:14 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

Daniel Vachon nous envoie une nouvelle




Souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier .



Il y a très longtemps, mes grands-parents sont nés ici, puis mes parents, puis moi...

Au début, tout était calme. On étaient installés auprès d'une petite route de campagne , à la mer. Nous habitions tous dans une seule grande pièce, mais avions à portée de main eau et nourriture à profusions ...Nos proches voisins de l'époque avaient investit dans la pierre, cela correspondait mieux à leur mode d'habitat, mais nous nous entendions bien, partageant ensemble les gifles du vent, les vagues glacées de l'hiver, puis le soleil et la chaleur des jours d'été, la nonchalance de l'automne, et à nouveau la froidure, qui nous paralysait....

Mais au fur et à mesure des années, l'ambiance générale a changé: les lieux sont de plus en plus fréquentés par des gens de moins en moins fréquentables! Notre charmante voie pavée s'est transformée en un périphérique bavard et bruyant,où s'invectivent les fanatiques de vitesse et les photographes débonnaires, où se croisent camions, automobiles, tracteurs, piétons, motos, dans un brouhaha de klaxons tenaces, de cris parentaux et inquiets qui répondent aux cris enfantins et stridents, de transistors exubérants et braillards, de langues inconnues aux caravanes rutilantes...
Dès que l'on sort tant soit peu, c'est l'asphyxie, l'horreur ! L'oxyde de carbone de tous ces véhicules gangrène nos poumons plus surement que des dizaines de paquets de tabac qu'ils ne doivent pas fumer mais qui se vendent, et choient sur la grève....Finalement, on ne se montre plus, tant la pollution est forte; on s'enterre et on attend le soir, où, enfin, on respire tranquille, heureux d'avoir échapper aux barbares.
..
Nous avons aussi quelquefois, de grandes parties de rigolades,car tout ce petit monde se gare n'importe où et n'importe comment, même dans les zones inondables! Et la marée monte très vite derrière les pécheurs inattentifs ; ça court dans tous les sens, quand enfin on abandonne ses rêves de pêche pour une réalité plus mouvante!! Et l'on entend ces dames, près des voitures, qui hurlent pour un retour rapide de leur héros, car l'eau attaque déjà les pneus!! Alors, les bottes et les seaux,un peu inquiets, s'activent difficilement dans les nombreux petits courants marins,comme autant de pièges invisibles tendus au néophyte, qui arrive enfin, haletant et en sueur, en terre promise..Puis il tourne la clé de contact dans la serrure, et là le silence! Il ne se passe rien! Alors il tente à nouveau, et retente. Toujours rien. Et il retente encore, et là, c'est généralement l'explosion! Un déchaînement de haine secoue les carreaux, suivi d'une rage froide et des portes qui claquent. Des insultes pleuvent envers ces dames qui osent émettre une hypothèse ou critiquer les manques de soin du conducteur, envers sa chère auto, astiquée de près . L'eau monte toujours et l'on frôle le drame. La crise de nerf assurée, la rupture immédiate : les femmes fuient devant le désastre, mains crispées sur leurs bas de robes qu'elles tentent de remonter sur leur cuisses ruisselantes, laissant un homme penaud, anéanti, auprès de sa voiture qui s'enfonce doucement, et de son téléphone portable appelant un hypothétique secours...Cette fois-ci, la dépanneuse a fait diligence, et le soulagement proféré n'a d'égale que les rancoeurs tenaces, prélude à de futures explications orageuses...
.Pour les cas les plus graves, l'automobile se noie sous les eaux et ses occupants, regrettant leurs jugements laxistes, juchés sur une balise ( qu'on appelle entre nous la tour Eiffel des ondes), grelottants de froid, solitaires et morts de fatigue, voient passer sous eux , les eaux menaçantes , qui roulent ...des mécaniques devenues dérisoires.

Ce sont là quelques uns de nos rires et de nos vengeances mesquines .

Autre sujet de préoccupation : l'immobilier est devenu hors de prix. Des émigrés de plus en plus nombreux ont investit nos trous, et les places sont devenues plus chères! Nous partageons cette cohabitation délicate dans un logement qui se dégrade continuellement : nous sommes coincés au sous-sol, engoncés dans nos murs fragiles, entre la cave noire et insalubre - mais où l'on conserve, Dieu merci, encore quelques ravitaillements - et le plafond, dont les matériaux de sable laissent entendre les pas incessants des tongs, sandalettes, bottes, et même les pieds nus des voisins qui s'agitent frénétiquement au-dessus, comme autant d'épée de Damoclès prêtes à fondre sur nous! Certaines font bien un régime sans sel pour décongestionner l'endroit. C'est très louable en soi, mais peu efficace, eu égard des cures qu'il faudrait faire pour retrouver notre aisance d'antan..
.
Alors, nous avons crée une association. Mais le fait d'être nombreux en même lieu ne devait pas plaire à certains, car beaucoup disparaissaient aussitôt! Bien sûr, on « crache » un peu sur les gens qui passent; c'est notre force vitale, après tout! Et plus on se « libère » plus les enlèvements sont fréquents et rapides! « Ils » s'attaquent même aux petits, les ignobles! Dans quel monde vit-on, pour que notre expression soit aussi sanctionnée et nos vies menacées. Et la sécurité, si préconisée, valorisée, affirmée sur tout le territoire n'est que vains mots, car nous sommes en danger constant: des mains inconnues se tendent, emmènent nos amis, pris de frayeur, vers des paniers à salade grillagés,sans aucun ménagement! Et comme toujours, ceux qui ont du « poids », de la « surface », de la « largeur » sont isolés avec égards, bichonnés, couverts de regards brillants, heureux et concupiscents....paraît-il que certains ont droit aux bains de mer, algues en prime, pour tempérer la chaleur extérieure! Quelle différence de traitement, quelle honte!....

Nous avons donc décidé de nous retirer plus loin, au bout de la mer, au fin fond des basses marées, où un léger clapotis sur le sable, des mouettes criardes qui s'interpellent et le vent vivifiant porteur des embruns du large, sont les seuls bruits d'un îlot de bonheur iodé. Le calme, enfin. Nous sortons de notre coquille, ivres des senteurs maritimes et de la tranquillité sereine des naïfs....

je ne sais si vous avez bien remarqué les plages, mais on dirait qu'il y a sous le sol un aimant monstrueux qui attire les baigneurs aux mêmes endroits. Ils se compressent ainsi et s'invectivent pour une projection de sable intempestive, un ballon reçu dans un visage aussi courroucé que hâlé, un mat de parasol qui atterrit dans un saladier amoureusement préparé, un livre déchiré, une bouée trouée, un bijou enfoui,un pied meurtri par une boule de pétanque...chacun grignotant l'espace vital de l'autre; par jeu ou par peur de la solitude? Car à quelques encablures, il n'y a quasiment personne, le littoral étant laissé aux sportifs motivés, aux marcheurs amoureux, aux voyeurs attentifs...

Bref, nous n'étions pas sitôt arrivés dans notre havre de paix, que nous avons vu déferler de nouveau la horde sauvage, avec ses filets, ses seaux, ses griffes et ses pioches : tout l'attirail ad hoc du détestable prédateur, qui laisse traîner, de surcroît, sacs en plastique,canettes de bière, bouteilles diverses et variées d'eau ou d'alcool, et bien d'autres choses encore, qui dérivent dans les courants, vers un méprisable avenir...

Alors, devant ce manque journalier d'irrespect et d'inconscience mêlés, nous nous sommes rebellés pour ne plus finir au tout-à-l'égout de la vie humaine. Au soir du 14 juillet, à l'heure où tout le monde fête la commémoration de la fin de l'asservissement et le renouveau de l'esprit, avec fanfares, confettis, pétards et autres serpentins, couronnés du traditionnel feu d'artifice, n'en pouvant plus de tant de désastres, nous sommes partis en exil, au gré de la mer...

Au lendemain, les Noirmoutrins de souche, les familles de continentaux, les vacanciers en goguette, tous passablement las d'une nuit agitée, furent ébahis, étonnés, surpris, cois, médusés devant le spectacle : toutes les palourdes avaient disparues d'un coup et on ne les revit jamais plus au gois, privant les gastronomes d'une chaire si tendre, si sensuelle, si parfumée...

le garde des Seaux a le regard aussi vide qu'eux.....

Plus tard, on racontait aux touristes sceptiques les pêches miraculeuses, ces marées humaines courbées vers le Délice, ce mélange excitant de chasses au trésor et de gourmandises. Certains avaient encore, en narrant cette absence, la bruine au bout des yeux, le coeur lourd et l'estomac léger. D'autres riaient sous cape, prenant les pêcheurs à pied pour de vrais marseillais..



Daniel Vachon
Noirmoutier juin 2012....


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Message Posté le : Ven 28 Sep - 18:14 (2012)    Sujet du message : Publicité

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Yfig
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Message Posté le : Ven 28 Sep - 20:25 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

Bonjour Daniel,

J'ai lu avec attention votre nouvelle très originale.
Bon, je ne suis pas doué pour les compliments, par contre pour la critique ....
Je ne vais pas vous dire tout ce qui est bien ....  faudrait que je ré-écrive cette histoire.

Je crois que vous devriez lâcher la bride à vos envies de rentrer dedans .....  vous vous retenez et ça se sent !
Allez'y, foncez dans le lard des palourdes et autre littorines .....
Tiens, je pense à un exercice qui vous ferait le plus grand bien, ré-écrivez cette nouvelle en usant de l'argot .... comme l'a fait en son temps Queneau dans ses exercices de style ....  je suis persuadé que ça va chier !

Eh puis .... bon .... c'est pas facile à dire quand on veut encourager un auteur, mais vous devriez essayer d'être plus clair, plus direct .... ça semble faire doublon avec ce que j'ai dit avant, mais là, je parle de l'histoire et non plus du style. Essayez d'être moins "tourne autour", racontez l'histoire telle que vous la vivez .... ça plus l'argot ....  ça va ..... ouais bon j'l'ai déjà dit !!!

Encore bravo et bon courage

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vachon


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Message Posté le : Ven 28 Sep - 23:43 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

merci à yfig pour les encouragements et les critiques . Sur le fond, je n'écris pas depuis très longtemps et il est vrai que j'ai un abord plus classique des nouvelles et des poèmes, mais l'on ne se débarrasse pas comme ça de son histoire personnelle, de son caractère et de ses envies. Je suis plus proche de Mariane que de Charlie Hebdo!!! Je sais qu'actuellement il faut remuer le cocotier, mais qui va tomber? il me semble, mais je peux me tromper, que décrire la vie telle qu'elle m'apparait, sous couvert d'une petite farce amusante, est compréhensible à tous...Je ne suis pas sur de savoir réécrire ce texte que j'ai écris avec minutie et cela me peine que vous ne le trouviez pas clair...mais je vais me soigner!!! ayant fait toute ma carrière dans la banque , c'est vrai que je suis un peu coincé du col!!! alors patience cher yfig, il faut longtemps pour redevenir un enfant.....
,


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Dan.L
Sociétaire

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Message Posté le : Sam 29 Sep - 08:06 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

Moi, perso, je suis bien incapable d'écrire le moindre truc en argot....En honfleurais peut-être mais je ne maîtrise pas à fond!!!


En attendant, cette nouvelle, plus la réponse de Daniel à Yfig me conforte dans mon idée première!
Il y a du potentiel chez notre nouveau sociétaire!


Et il nous réserve de belles surprises.




Dis donc Yfig? Il me semble bien me rappeler qu'en te baladant sur la plage tu avais trouver un -bigorneau.
Tu nous l'envoies?......S'il te plaît?


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Yfig
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Message Posté le : Sam 29 Sep - 10:21 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

Cher Daniel,
Je ne suis (malheureusement) pas un parangon de l'écriture et il m'arrive comme tout un chacun d'être guindé ....  Oh ! atavisme scolastique !!!
On nous enseigne la politesse, le respect, la morale et tout l'tintouin !

Mais il faut savoir trier le bon grain et de la livrée de valet !

Qu'est-ce qui pourrait bien tomber d'un cocotier à part des noix ? Et des noix ..... on n'en manque pas !

Écrire, ce n'est pas rechercher obstinément la provocation ou l'altercation (encore qu'il y a de ça) écrire, c'est toucher l'autre .... or, l'autre, on l'aime ou pas !
Écrire, c'est faire fuir celui qu'on n'aime pas et retenir celui qu'on aime (sans le savoir a priori).
Quand une noix se ferme comme une palourde et me tourne son cul ..... je me réjouis.

Bon, assez parler cuisine, parlons chanson !

A la demande générale (nous voilà) de Danielle ....


Je vis d'air et de vent
De chants d'engoulevent
D’arômes gris de miel
De soleil de sommeil
 
Mon âme est vagabonde
Mon corps gît en la tombe
De manger si léger
Suis mort sans galéjer
 
Ma vie sans intérêt
Ruisselle en compotée
Indécent étalage
Insolent déballage
 
Historiens inventifs
En tirent conclusions
La couleur de mes tifs
Celle de mon caleçon
 
Les mots que j’ai laissés
Traîner ici et là
Trahiraient ma pensée
Pipotage et blabla
 
Me voici bigorneau
Accroché au rocher
Attendant la marée
Et la montée des eaux
 
Vie de mollusque idiot
Littorine comestible
Que l’on cuit au fourneau
Au goût irrésistible

 

                                            Yfig   decembre 2010



  

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Dan.L
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Message Posté le : Sam 29 Sep - 11:03 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

Tiens, je vais ouvrir une rubrique culinaire, moi!
Je sais pas pourquoi çà m'est venu à l'esprit????????? Mort de Rire
Retrouvez moi en rubrique discussion libre!! Wink


Sinon merci Yfig pour ton Bigorneau métaphorique.
Au fait, est-il ré-apparu ton auteur
j'aimais beaucoup ce qu'il fait?
Est ce que tu as fait mettre d'autres trucs en musique ces derniers temps?




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vachon


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Message Posté le : Sam 29 Sep - 13:43 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

Sur la toile ensanglantée
les visages se contorsionnent
et les corps nus et enfiévrés
des déments de Goya, étonnent.
Savez vous, bourgeois, que souvent
vous croisez sur vos droits chemins
des gens qui revent en gémissant
sur des épées rouge carmin
qui coulent au creux de leur cerveaux,
marquent en des gestes insensés,
feux d'artifices jamais trop beaux,
la limite de nos idées...
,


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vachon


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Message Posté le : Sam 29 Sep - 14:11 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

Je ne voudrais pas finir sous cette dramaturgie baroque mais je me méfie des flatulences de la femme au petit chien : je suis sous les pets de dame au clebs!!! amicalement.

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Yfig
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Message Posté le : Sam 29 Sep - 17:33 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

Au petit musée des horreurs, je ne suis jamais le dernier .....

   
Les hommes ayant désintégré
Le verbe il ne resta plus rien
Pas une chimère ni un chien
La terre était déshéritée
 
Le ciel d’armes trop encombré
Ne pouvant accueillir ces âmes
Elles restèrent en amalgame
En ce dépôt mal éclairé
 
Ici s’entassent pêle-mêle
Les âmes laides les âmes belles
Les âmes jeunes les âmes vieilles
Celle du poète celles des abeilles
 
            Ces âmes amères sans sépulture
            Peignent leur nature sur les murs
            Cela dessine une arabesque
            Tantôt atroce tantôt grotesque
 
On peut y voir l’âme d’un bougnat
Fier charbonnier de peu de foi
Argumentant encore une fois
Sur la valeur des auvergnats
 
Suspendu à une solive
Un maire véreux tenant un livre
Contenant toutes ses forfaitures
Et ses obscènes deleaturs
 
Ecartelé par ses bassesses
L’âme d’un curé pédophile
Sent ses roubignoles lipophiles
Lui exploser entre les fesses
 
            Ces âmes amères sans sépulture
            Peignant leur nature sur les murs
            Cela faisant une arabesque
            Tantôt atroce tantôt grotesque
 
Voyez ramper sans dignité
Ces âmes abjectes de députés
Qui ont voté le doigt en l’air
L’assaut des armes nucléaires
 
Ils cherchent en vain à échapper
A l’opprobre de l’humanité
Des milliards d’hommes qu’ils ont tués
Pour assouvir leur vanité
 
Mais ils ne peuvent éviter
Les coups sur leurs gueules de  tarés
Les injures grises ni les crachats 
L’ire froide de la foule qui bat
 
            Ces âmes perdues sans sépulture
            Griffant leur cris sourds sur les murs
            Elaborant une arabesque
            Tantôt atroce tantôt grotesque
 
Voyez les âmes des présidents
Qui appuyèrent comme des cons
Comme un seul homme sur les boutons
Tuant parents et descendants
 
Rouges de sang les âmes tristes
Des enfants errants innocents
Sur leurs motifs si bellicistes
Questionnent les âmes des présidents
 
Les mamans pleurent en silence
Sur ces décombres de violence
Les vies gâchées de leurs bambins
Ces petits corps de chérubins
 
            Ces âmes amères sans sépulture
            Gravant leur effroi sur les murs
            Faisant ainsi une arabesque
            Tantôt atroce tantôt grotesque
 
L’âme jaunie d’un chef d’orchestre
Ecrit hagard de sa baguette
Une partition sans queue ni tête
Qui s’évanouit par la fenêtre
 
Bleus effarés des musiciens
S’accordent sur le ‘la’ du rien
Aucun son ne sort de leurs mains
Désormais les accords sont vains
 
Les âmes lasses des spectateurs
Tirent une dernière révérence
Applaudissant tous en silence
L’exploit futile de ces acteurs
 
            Ces âmes rongées sans sépulture
            Gravant leur frayeur sur les murs
            Faisant de grandes arabesques
            Tantôt atroce tantôt  burlesques
 
L’âme pesante d’un éléphant
Piétine celle d’une porcelaine
Qui n’en à cure c’est évident
La mort aboli toute haine
 
L’âme festive du poète
Donne un dernier feu d’artifice
Ornant les murs de la bâtisse
De fastueux scintillements de fête
 
L’âme noire suie de l’assassin
Se glisse obscure et menaçante
Vers celle du justicier  d’airain
Lui plantant ses dents dans les reins
 
            Ces âmes rongées sans sépulture
            Claquant leur effroi sur les murs
            Dessinent de grandes arabesques
            Tantôt atroces tantôt  dantesques
 
L’âme Slave enivrée de vodka
Saisit  barbare l’âme esquimau
La fait glaçon pour l’apéro
Tout en allumant son houka
 
L’âme flétrissante d’une amoureuse
Cherche à tâtons son âme sœur
Maladroite et fort malheureuse
Elle sent pourrir son petit cœur
 
Son tendre amour Slave et fin saoul
Gît étourdi pris dans la foule
Des âmes gluantes et putrescentes
Ainsi finissent les amantes
 
            Ces âmes grisées sans sépulture
            Pissant leur détresse sur les murs
            Dessinent de larges arabesques
            Tantôt atroce tantôt  gaguesques
 
Rien désormais n’a d’importance
La mort remet tout à zéro
A l’heure de la dernière danse
Chiens et princes sont alter ego
 
Les âmes glissent sur le vent
Voici venu la fin des temps
Les âmes légères comme des plumes
S’évanouissent dans la brume
 
Les autres lourdes et visqueuses
S’enfoncent flasques très nébuleuses
Vers les entrailles de la terre
Juste où l’on situe les enfers
 
            Ces âmes brisées sans sépulture
            Voyant leur bassesse sur les murs
            Gigotent abracadabrantesques
            Tantôt féroces tantôts clownesques
 
Qui peut me dire pourquoi les hommes
Présument qu’ils sont immortels
Et que le temps compte pour des pommes
Leur donnant ces pulsions mortelles
 
Bien sûr tout ça n’est qu’un cauchemar
Anticipation ubuesque
D’une fin du monde orchestrée par
Politicards Grand-guignolesques
 
Personne  ne peut imaginer
Qu’un homme sage sain et sensé
Décide seul de son côté
L’extinction de l’humanité
 
 
Fin
                                                                       Yfig   (Février 2009)


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Dan.L
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Message Posté le : Sam 29 Sep - 17:39 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

Non, mais vous voulez que je me suicide ou quoi????

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Dan.L
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Message Posté le : Sam 29 Sep - 17:47 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

 Je ne l'avais pas entendu avec ta voix qui le dit. C'est bien
 Est ce que tu l'as modifié? 
J'ai bien aimé aussi ce qu'a écrit Daniel


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vachon


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Message Posté le : Sam 29 Sep - 18:07 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

quand l horreur va à confesse
le curé lui donne deux avé
mais crimes jamais ne cesse
le curé s'est suicidé!!


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vachon


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Message Posté le : Sam 29 Sep - 18:22 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

son ame meurtri je l'atteste
l'apocalypse va retrouvé
ces viles ames manifestes
dans un poème si déprimant
que le curé si déprimé
s'est à nouveau resuicidé
en entonnant son dernier chant
de deux avé...


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Dan.L
Sociétaire

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Message Posté le : Lun 1 Oct - 08:43 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

  Au fait, Daniel tu devrais ajouter ici le poème que tu avais écris pour le concours, s'il te plaît?
tu peux faire un copier/coller . 
Si, cependant tu veux savoir des trucs sur la façon de faire, tu demandes à Yfig, c'est lui qui a créé ce forum et il ne refuse jamais de nous expliquer quand on a un souci pour poster quelque chose.
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vachon


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Message Posté le : Lun 1 Oct - 20:03 (2012)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier Répondre en citant

ok danièle.  Je ne l'ai jamais copié donc le voici-voilà.... mais il me semble que tu l'avais déjà copié dans le forum lors du concours. Pas grave . Amicalement.

Jalousie d'enfance,

Oh qu'il est beau
 le bigorneau
au fond de l'eau
c'est rigolo
dit le marmot
qui tend la main
plouf, dans le bain,
le v'la tout trempé le gamin !
mais le trou est un piège
la cavité est bien profonde
et la mer, sacrilège,
forme un cercueil d'ondes
et le bigorneau,bien malin,
de s'écrier avec faconde,
" j'en ai enfin attraper un "!!

Un ballon, tout-à-coup, vient me frapper la tete
Encore tout remuer du reve fratricide
j'entends mon frérot crier " maman, j'ai la bébette "
et lui tend tout fiérot, avec un oeil humide

Soupirs

Ce n'est pas aujourd'hui, mais attendons demain
Et puis je me rendors, un peu dépité mais serein....


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Message Posté le : Aujourd’hui à 04:45 (2017)    Sujet du message : souvenir d'une palourde au gois de Noirmoutier

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