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Le Coeur Cousu de Carole Martinez
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Dan.L
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Message Posté le : Mar 20 Mar - 10:57 (2012)    Sujet du message : Le Coeur Cousu de Carole Martinez Répondre en citant



Lecture en Atelier du lundi 19 Mars dernier
animé par Jean Pierre Le Blond

Voici ses commentaires disponibles à présent sur le forum:


Le cœur cousu de Carole MartinezLe cœur cousu de Carole Martinez

Le titre :
Le titre surprend et nous plonge dans un univers où la magie côtoie la réalité. Deux épisodes expliquent le titre :
1- Frasquita, après son initiation, a découvert dans la boîte transmise de fille en fille, tout l’attirail d’une couturière hors-pair. Mais, avant même d’ouvrir la boîte elle avait déjà manifesté des dons étonnants pour la couture (p 33-34). Lors de la semaine sainte, elle est entrée subrepticement dans l’église où elle s’est laissée enfermer. Entrée dans la pièce où « les six de las Penas » gardent jalousement le secret de la Vierge bleue, elle découvre avec abattement que la Madone n’est qu’une armature creuse couverte d’une robe. Elle lui brode un cœur en fils de soie et se laisse enfermer une deuxième fois pour le coudre sous la robe. Le lundi de Pâques, au matin, les Six découvrent le cœur et crient au miracle. La rumeur fait affluer la foule sur le parvis. Le curé qui s’est aperçu que la fillette s’est laissée enfermer dans l’église, l’interroge. Frasquita lui avoue naïvement qu’elle a cousu le cœur pour l’offrir à la Vierge. Le curé, embarrassé jusqu’à la panique, décide finalement de ne pas démentir la rumeur du miracle en faisant promettre à la fillette de ne jamais rien dire. C’est la première explication du titre. (p 63-65)
2- Plus tard, quand le cadet des Hérédia, victime d’un mal étrange qui oppose sa volonté à ses désirs, accroche et déchire son habit sur les ergots des coqs en fer forgé qui garnissent les fenêtres de la maison des Carasco, au cours de sa promenade à cheval dans les rues désertes du village, en plein soleil, le bruit de la déchirure alerte Frasquita qui recoud l’habit mais aussi le cœur déchiré de l’homme à l’oliveraie ( p 146-147). Dès cet instant naît la passion obsessionnelle du cadet des Hérédia. La réputation de Frasquita est alors devenue légendaire et s’est répandue jusqu’en Afrique du Nord : « La rumeur…ne se séparaient plus. » (p 390) Elle a aussi recousu le visage de Salvador, le chef révolutionnaire auquel elle a donné les traits de son amant abandonné (p 312).

Magie et réalité
Le titre s’applique surtout à la première partie du récit mais le mélange de magie et de réalité se retrouve dans l’ensemble du récit. Ce mélange appelle quelques précisions :
L’idée de sa première œuvre vient à Frasquita en voyant, à la messe, l’éventail de la cousine des Hérédia. Elle réalise un éventail sur lequel elle brode un papillon qu’elle pose sur le rebord de la fenêtre avec l’espoir de le voir s’envoler . Effectivement ( p 51) «Un dimanche, en rentrant de la messe, la couturière trouva sa chambre vide .
Sa première œuvre voltigeait par-delà les montagnes. » Mais à côté de l’explication magique, une explication toute simple est suggérée par le récit dans le paragraphe précédent : le vol de l’éventail par une vieille voisine qui le convoitait et demandait à le voir souvent : (p 51).
De même pour le cœur cousu de la Vierge bleue, l’explication est toute simple mais le curé paniqué a pris le parti de ne pas démentir la rumeur : (p 65) « après tout, cette histoire avait quelque chose de tout à fait miraculeux. Les villageois n’avaient pas vraiment tort de croire au merveilleux. »
La magie, le merveilleux expriment les talents exceptionnels de Frasquita .
Dans l’épisode du cœur recousu de Hérédia, la naissance immédiate de sa passion folle peut expliquer la réconciliation de sa volonté et de ses désirs.
Finalementle terme « magique » n’est qu’un superlatif de la légende. A côté des explications magiques portées par la rumeur, le récit en suggère d’autres plus rationnelles. La magie, le merveilleux sont les couleurs que prend la réalité écoutée aux portes de la légende.



Carole Martinez raconte dans ce livre l’histoire de son arrière arrière-grand-mère, jouée et perdue au jeu par son mari. Elle s’appelait Frasquita Carasco et vivait au sud de l’Espagne. Elle quitta l’Espagne avec ses enfants sur une charrette et gagna l’autre rive de la Méditerranée où elle survécut peu de temps. Cette histoire lui a été racontée par sa grand-mère qui accompagnait son récit d’une mise en garde contre les hommes : « méfie-toi des hommes. C’est tous des salauds…tiens bien les cordons de la bourse. »
Dans les livres suivants dont Le domaine des Murmures, Carole Martinez a le projet de raconter le destin de 7 femmes de différentes époques jusqu’à la nôtre, rebelles à l’ordre instauré par les hommes.
L’Espagne qu’elle décrit n’est pas l’Espagne réelle mais « un pays mythique des origines ». Elle a reconstitué l’Espagne à partir des récits familiaux. Elle suit une tradition orale et essaie de faire la charnière entre le conte et le roman, le récit oral et le récit écrit. Les critiques parlent d’un roman solaire et la comparent parfois à des romanciers latino-américains comme Gabriel-Garcia Marquez, l’auteur de Cent ans de solitude.

Composition du récit :
Le récit s’encadre comme un vaste retour en arrière entre le prologue et l’épilogue où s’exprime la narratrice, Soledad, dernière des 5 filles de Frasquita.
Dans le prologue, Soledad évoque sa naissance, son existence vouée à la solitude et à l’écriture par laquelle elle tente de trouver l’apaisement et de se délivrer elle et sa famille de la malédiction qui pèse sur elles.
Dans l’épilogue, elle jette les pages de son récit achevé au vent du désert et décide de ne pas transmettre la boîte à sa nièce, « à Pâques, comme le veut la tradition » pour ne pas lui transmettre « une douleur promise », avant d’appeler la voix de sa mère qui l’apaise enfin.
Le premier livre « Une rive » raconte, en 28 chapitres et 173 pages, la vie de Frasquita Carasco, mère de la narratrice, à Santavela. Cette histoire de « la femme jouée et perdue » va de l’initiation de Frasquita par sa mère Francisca au départ de Frasquita livrée à l’homme à l’oliveraie . Ce récit couvre une durée d’environ 20 ans (cf : p 186) .
Le deuxième livre « La traversée » raconte en 17 chapitres et 107 pages les 9 mois pendant lesquelles Frasquita avec ses enfants sur sa charrette marche jusqu à la mer pour passer en Afrique du nord après avoir été mêlée aux émeutes paysannes de la région de la Sierra Nevada. Le rythme narratif s’est ralenti et s’attarde sur ces épisodes sanglants en y mêlant l’histoire de l’ogre qui fait aussi le lien avec la première partie.
Le troisième livre décrit en 21 chapitres et 103 pages les 20 années passées par Frasquita puis ses filles en Afrique du nord, sans doute l’Algérie, de la naissance de Soledad à l’achèvement de son récit.

Lieu et époque
Tout le premier livre se déroule à Santavela, village au nom imaginaire présenté comme un petit village perdu d’Andalousie « où seuls parviennent ceux qui se sont égarés sur les chemins tortueux » ( cf : p 26). Le village n’a pas de médecin. Deux femmes « la Maria » et « la Blanca » aident les femmes en couches et font la toilette des morts. Le village se trouve à plusieurs jours de marche de Pitra et on ne sait à combien de kilomètres de Jaen et de Madrid, probablement entre Jaen et Grenade. Il faut 3 jours de marche à Frasquita pour atteindre le moulin au sommet d’une colline d’où l’on aperçoit la plaine et la commune où se déroule la révolte paysanne. Cette commune, située de l’autre côté de la Sierra par rapport à Santavela est désignée par la lettre P. Le campement des révolutionnaires se trouve dans la montagne, probablement La Sierra Nevada . Les autorités craignent en effet que la révolte ne gagne la région « passant de bourg en bourg jusqu’à Grenade d’où elle embraserait tout le sud du pays. » (p 251). Après la mort du chef des révolutionnaires, Salvador piégé au défilé de La Cruz, Frasquita atteignit la mer, sans doute au sud de Grenade.
La dernière partie du récit se déroule dans une ville arabe d’Afrique du nord. Frasquita et ses filles ont trouvé un logis dans le quartier Marabout, cité Gambetta, au bord d’une médina (p 335, 338, 353). Juan futur mari d’Anita qui joue à la locomotive avec tous les enfants de la ville, quand il est en congé, est présenté comme le conducteur de l’express Oran-Alger (p 381). Ces indications semblent indiquer l’Algérie plutôt que le Maroc.
Epoque :
Le récit fournit deux indications sur l’époque à laquelle se déroule l’histoire.
L’ogre Eugenio évoque peu après son arrivée à Santavela ( p191) les découvertes de Pasteur sur le virus rabique. Or les recherches de Pasteur sur le virus rabique débutent en 1881 et aboutissent à la création d’un vaccin en 1885. D’autre part, au moment de la révolte paysanne, quelques mois plus tard, le récit mentionne (p 251) le gouvernement « faussement libéral de Sagasta qui vient d’établir le suffrage universel masculin et a autorisé tous les partis. » Sagasta, rallié à Alphonse XII a été plusieurs fois ministre entre 1881 et 1902, période au cours de laquelle il a instauré le suffrage universel, les libertés de la presse et de réunion. L’épisode de la traversée et des émeutes paysannes se situerait donc autour des années 1880 ce que confirme par ailleurs le fait que Frasquita était l’arrière arrière-grand-mère de l’auteur.
Ainsi la première partie qui couvre environ 20 ans, en remontant à l’initiation de Frasquita, débuterait vers 1860. La dernière partie qui couvre également 20 ans s’étendrait jusque vers
1900, l’épisode de la traversée se situant vers 1885.

L’Espagne, « Pays mythique des origines »
L’auteur a cependant soigneusement évité de donner des repères temporels et spatiaux trop précis parce que la tradition familiale et orale qu’elle recueille se situe entre la légende et la réalité. Son récit se déroule dans une Espagne dont les gens sont aussi rudes et impitoyables que le relief, le climat et les luttes sociales.
Dès les premières pages, Soledad évoque la chaleur insupportable du soleil (p25) : « L’aube…la beauté » (p 26)
Le pays vit sous l’oppression de la religion et des grands propriétaires des haciendas comme Santavela sous la domination des Heredia : (p 36) »Un homme nommé Hérédia… Prières. »
De temps à autre, la tension trop forte aboutit à des émeutes sauvages et sanglantes qui s’en prennent aux propriétaires et aux autorités civiles et religieuses qui cadenassent cet ordre impitoyable. (p 242) « Des feux… et mourir »
la religion n’adoucit pas non plus les moeurs. Les cérémonies religieuses comme à l’occasion des fêtes de Pâques donnent lieu à des rivalités éventuellement meurtrières comme celles qui opposent les costaleros, porteurs de la Vierge et les porteurs de la croix. Lors de ces
fêtes la piété dégénère en formes d’hystérie collective que redoute le curé de Santavela.
Les villageois sont prisonniers de coutumes et de croyances magiques, soumis à des règles terribles concernant l’honneur et la réputation, ils sont la proie de sentiments violents, de passions obsessionnelles rentrées qui couvent et les conduisent à la folie comme José ou l’homme à l’oliveraie. Les filles sont guettées, soumises à des règles impitoyables qui proscrivent les simples regards entre futurs mariés de mariages âprement négociés par les parents. Les fautives sont livrées à la rumeur, promises à la déchéance et ravalées au rang de putains. Après la mort du vieux Hérédia, le village qui affiche un « deuil ostentatoire » pour son oppresseur lapide Lucia sauvée par son chien et par l’intervention de Frasquita et des deux accoucheuses (p 131-132).



Dernière édition par Dan.L le Mar 20 Mar - 11:04 (2012); édité 1 fois
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Message Posté le : Mar 20 Mar - 10:57 (2012)    Sujet du message : Publicité

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Dan.L
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Message Posté le : Mar 20 Mar - 11:00 (2012)    Sujet du message : Le Coeur Cousu de Carole Martinez Répondre en citant

Suite.....




La jalousie des femmes s’en prend à celles qui incarnent une forme de beauté comme Frasquita dans sa robe de mariée sublimée. La barbarie des combats de coqs résume la barbarie de cette société inhumaine et en exprime au grand jour les tensions.

Les deux narratrices : Le roman est le fruit de deux narrations successives. Carole Martinez a recueilli les récits oraux de sa grand-mère et de sa famille .

Les récits oraux d’Anita :

L’histoire familiale est d’abord contée par Anita, l’aînée des filles de Frasquita. Anita ne parle pas, quoique très éveillée. Dès sa naissance, sa mère lui a raconté son histoire parmi tant d’autres (p 100 « Frasquita… s’éclairait ». « Son éternel sourire poussait les autres à se raconter… désirs » (p169) et elle était devenue la confidente de tous. Le curé lui avait proposé d’apprendre à lire et à écrire . « Ecrire autre chose que des chiffres ne l’intéressait pas, mais lire…C’étaient encore des contes à écouter. » (p 170) Elle devint une passionnée de lecture (p 170-171).
L’épopée d’Anita :
Après le deuxième combat de coqs et le déménagement dans la maison des parents de Frasquita, cette dernière se décide à faire l’initiation d’Anita qu’elle avait différée en raison de son mutisme et lui remet la boîte magique. Neuf mois plus tard, après une longue marche, Frasquita et ses filles atteignent la mer. Anita ouvre la boîte face à la mer : la parole fuse de la boîte et entre dans la gorge d’Anita qui devient conteuse et dont les mots les soutient (P 322-324) « Face…innombrables ». Ses récits forment une épopée qu’elle conte dans les pays traversés « Les conteuses de ces pays traversés parlent encore de la femme jouée et de sa caravane d’enfants épuisés. » En devenant conteuse, Anita « a oublié la lecture et s’est refusée aux mots écrits. » (p324-325 : « Elle dit que… traversâmes. »
La fin de son récit annonce la naissance de Soledad. Dans leur marche sur l’autre rive, Anita contait leur histoire pour recueillir aumônes et offrandes (p 327). Une fois la famille installée et la réputation de couturière de sa mère établie, Anita cesse de conter et négocie avec les fournisseurs de tissus. (p 347-348)
Le vœu et les récits magiques de la conteuse :
A son mariage, Anita et son mari font vœu de ne pas se toucher avant que la dernière des ses sœurs soit mariée, malgré le désir qui les dévore. L’attente dure 15 ans et pour ne pas manquer à sa promesse, Anita redevient conteuse le soir de son mariage. Elle passe toutes les nuits assise sur une chaise à côté de son mari, dans la cour. ( p 387) « Car, le soir même…(p 389-390). La première histoire est « la fable de la femme jouée, jouée et perdue. » les autres sont également empruntées à la tradition familiale. Elles sont qualifiées de « fables », en effet, il est impossible de faire le tri entre ce qui relève de la légende et ce qui est véridique. Il semble même à Soledad que le récit de sa solitude à venir a précédé la réalité. « oui, plus j’y pense, plus je suis certaine que tout cela recelait quelque magie. A moins que nous ne soyons pétris de mots. » (p 390)
Délivrée par Soledad de sa promesse, Anita met un terme aux contes (p438). Aux contes succèdent « des cris de plaisir, les hurlements d’un amour inouï où les mots n’avaient plus leur place. »

Soledad et la vocation de l’écriture :
En ouvrant la boîte magique, Soledad y a trouvé « un grand cahier, de l’encre et une plume. » (p 19) Le soir même, une fois la nuit tombée, elle entame son récit auquel elle voue toute son existence : (p 19- 20) « Ce matin…déserte. » son récit doit conjurer la malédiction qui pèse sur la famille et lui permettre de trouver l’apaisement : (p 325) « Je suis l’ancre… et étrange à tous. » et (p 21) »Il me faut écrire…Au désert ! » Il lui arrive de connaître une panne : (p 416 « La page blanche », mais seulement pour quelques nuits (p 417) elle termine son récit avec l’histoire d’Angela et de son suicide (p417) »J’ai gardé…cadavre. » Parvenue au terme de son récit elle en jette les pages au vent du désert, se gardant de transmettre à sa nièce la boîte qui ne pourrait que la vouer à « une douleur promise » et elle prononce la dernière prière pour que s’élève la voix de sa mère enfin apaisante (p 439-438).

Un récit entre le conte et le roman, l’épopée et la tragédie :
Comme Homère, Soledad a recueilli les récits d’une longue tradition orale familiale en recueillant les récits de sa sœur. Ses récits forment la légende familiale, ce sont des contes où la légende se mêle aux faits réels. Ils illustrent la malédiction qui a frappé la destinée de la famille et donnent à l’ensemble la forme d’une épopée tragique dont la figure principale est Frasquita Carasco, mère de Soledad et arrière arrière-grand-mère de Carole Martinez véritablement jouée et perdue au jeu et condamnée à l’errance jusqu’ à l’autre rive de la Méditerranée.
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